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Toute la bordure septentrionale de l'Afrique a été plus ou moins intégrée à la zone d'influence des grandes civilisations de l'Antiquité : les rivages méditerranéens du continent étaient bien connus. Puis les Arabes acquirent une connaissance précise de l'intérieur, jusqu'aux grands empires noirs de l'Afrique occidentale. Ils connurent également fort bien les côtes orientales, qui ne furent pas non plus ignorées des Chinois. Pour les Européens, l'Afrique resta longtemps un « continent mystérieux », et l'exploration de l'intérieur ne se fera systématiquement que tard dans le XIXe siècle.

Mythologie.

La mythologie de l'Afrique est à la fois unique et impressionnante de diversité. Même si beaucoup de peuples partageaient une langue commune et vivaient géographiquement à proximité les uns des autres, les croyances locales variaient énormément. Il existe bien évidemment des thèmes, des personnages et des dieux communs récurrents dans les mythologies de tout le continent, mais les cultures individuelles possédaient généralement leurs croyances et leurs coutumes propres.

Certains croient que l'histoire du cosmos se divise en trois époques. La première est parfaite, un âge d'or où les dieux, les hommes et les animaux cohabitent en une totale harmonie. Puis, durant la deuxième de ces trois périodes, l'âge de la création, le dieu créateur fait naître la terre, les hommes et les animaux. C'est une période de différenciation car Dieu a créé la vie en s'utilisant comme matière et modèle, tentant ainsi de recréer l'âge d'or sur terre. Mais quelque chose se produit, indiquant que l'âge de la perfection est terminé et ne peut être reproduit sur terre ; la mort fait son entrée dans le monde, la terre et l'humanité sont défectueuses. C'est une période de chaos et d'ordre, de peur et d'espoir, d'atténuation du passé et de promesse d'un nouvel avenir. Ce dualisme ordre-chaos est parfois considéré comme la nature même du dieu créateur.

Dans certains systèmes religieux, ce créateur est un dieu farceur à la fois bienveillant et créatif, et sorcier imprévisible et, souvent, destructeur. C'est un dieu qui porte en lui la vie et la mort, un illusionniste aux particularités sublimes et scandaleuses. Ce mélange dialectique se retrouve dans la création des hommes qui portent en eux la vie et la mort et se conduisent aussi de manière sublime et scandaleuse. Cet état de fait résulte du défaut remontant à l'âge de la création, cette période primordiale de transformation, ce rite de passage au niveau cosmologique.
Au fil du temps, la part pieuse, créatrice du dieu-farceur (trickster) et du dieu dualiste se rend au ciel, s'éloigne encore plus des hommes et de la terre, et sa partie destructrice reste sur terre, avec un potentiel de perfection et de bonté : le dieu-farceur est devenu profane. Ce troisième âge est l'âge contemporain, le monde d'aujourd'hui, un royaume où les hommes et les dieux sont isolés les uns des autres, où les hommes, à travers les rituels et les traditions, cherchent à dupliquer cet âge parfait, perdu depuis longtemps et dont un faible écho demeure perceptible.

Durant cette course de l'âge parfait à l'âge contemporain, les hommes ou les animaux expriment fréquemment leur libre arbitre, se démarquant ainsi de Dieu. Cette phase du processus de différenciation est caractéristique de l'âge de la création. Tout en s'éloignant de Dieu, les hommes et les animaux conservent certaines qualités de cette unicité originelle (qui est la leur durant l'âge parfait) mais perdent une qualité divine essentielle, l'immortalité. Pour de multiples raisons, en se séparant de Dieu, ils deviennent mortels.
La mort entre dans le monde ; elle est souvent le résultat d'un acte de libre arbitre imputable à un homme ou un animal, un acte qui est au cœur de l'âge de la création.

❖ Bibliographie

Bibliothèque virtuelle
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