Camille

Camille l'enchanteresse est la soeur du roi Hardogabran. Elle tient son pouvoir magique de livres anciens.

Le roi Arthus (Arthur) assiégeait alors la Roche aux Saines, proche Arestuel, qui était un château si fort qu'on n'y redoutait d'autre péril que la famine. Il avait été bâti au temps que le roi Vortiger épousa la fille de Hangist le Saine, et il était alors tenu par Camille, la soeur du roi Hardogabran, qui savait plus d'enchantements que demoiselle du pays : grâce à quoi elle avait tant fait que le roi s'était épris de fol amour pour elle.

[Lancelot, Galehaut et leurs compagnons livrèrent de rudes batailles. En retournant du combat ils furent invités par Guenièvre et dame de Malehaut]

Guenièvre recevant l'écu fendu (BNF côte Fr 122 folio119)

Pendant ce temps, Camille l’enchanteresse envoyait un messager au roi pour lui dire qu’elle était prête à se donner à lui, s’il se voulait rendre en un lieu qu’elle lui désigna, et elle lui mandait de n’emmener qu’un chevalier à cause des médisants. C’est ici qu’on voit comme amour affole les plus prud’hommes : car le roi fut au rendez-vous en compagnie du seul Gaheriet, son neveu, frère de Gauvain. Et, sitôt qu’il fut couché avec sa maîtresse, quarante Saines l’enlevèrent, ainsi que son compagnon.

[ Lancelot et Gauvain passèrent la nuit dans les appartements de la reine. Au matin, toute l’armée put apercevoir les écus du roi Arthur et de Gaheriet pendus aux créneaux de la Roche aux Saines. ]

Lancelot, Galehaut, messire Gauvain, et Hector des Mares se promenaient en commentant la nouvelle lorsqu’ils crurent voir une troupe de Saines qui mangeaient à l’ombre d’un chêne, et d’autre part un chevalier attaché sur un sommier qui se plaignait amèrement.
— Seigneurs, fit messire Gauvain, c’est Gaheriet !
— Je ne sais ce que vous ferez, dit Lancelot, mais je vais aller préparer les écuelles à ceux qui sont assis sous ce chêne.
— Moi, je leur verserai du vin dans leurs hanaps ! dit Galehaut.
— En nom Dieu, s’écria Hector, je leur étendrai leurs nappes sur l’herbe fraîche !

Aussitôt les quatres chevalier de s’élancer. Mais Camille l’enchanteresse avait fait surgir là un lac en lui donnant la semblance d’une prairie : de manière qu’ils y tombèrent par surprise et, lorsqu’ils en sortirent à demi étouffés par l’eau qu’ils avaient bue, plus de cent païens que Camille avait fait cacher alentour leur coururent sus, de manière qu’ils furent pris comme oies sur un toit et jetés dans les cachots du château.

[Lancelot est devenu fou et Camille le fait relâcher; La Dame du lac intervient pour le guérir. A peine guéri il se lance à l'assaut du château de la Roche aux Saines]

Lancelot, suivi des gens du roi Artus, pénétra dans la forteresse mêlé aux fuyards, et tout d’abord il courut à la chambre de Camille. Elle était couchée auprès de son ami, Gadrasolain : il hausse l’épée, fend au valet la tête jusqu’aux épaules ; puis il saisit la dame par ses tresses :
— Rendez les prisonniers ou je vous trancherai le cou !
Alors elle le conduisit aux cachots.

[Grande joie pour les retrouvailles et la libération des prisonniers; Guenièvre fit semblant de ne pas connaitre Lancelot]

Pendant ce temps, Keu le sénéchal visitait le château. Dans un souterrain, il trouva une demoiselle enchaînée, qui lui apprit qu’elle était ainsi enfermée depuis trois ans parce que Gadrasolain l’avait jadis aimée.
— Camille s’est-elle échappée ? demanda-t-elle. Si elle emporte ses livres et ses boites, vous êtes perdus, car elle peut faire jaillir un lac où vous disparaîtrez tous avec le château.
— Et où sont-ils ? demanda Keu.

La demoiselle le mena à un coffre qu’il prit et jeta au feu. Et lorsque l’enchanteresse sut que ses livres étaient en cendres, elle en eut une telle douleur qu’elle se précipita du haut des murs. Dont le roi fut très chagrin, car il l’aimait encore.

❖ Sources
❖ Bibliographie

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17-Avr-2021
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