Aphrodite (Αφροδιτη) est
la déesse de la beauté, de l'amour du plaisir et de la procréation.
Elle fait partie des douze grands dieux Olympiens.
Elle fut assimilée à Vénus chez les Romains.
Ses fonctions et ses épithètes étaient très variées.
Elle était à la fois la déesse de l'amour céleste (Ourania), vulgaire
(Pandémos), du mariage (Nymphidia), ou des courtisanes (Hétaïra), la déesse
marine (Pontia), ou la déesse victorieuse (Nikêphoros).
On l'appelait encore Anadyomène, parce qu'elle était sortie des flots
;
mais aussi Cypris, Cythérée ou Erycine, à cause de ses temples célèbres
de Chypre, de Cythère ou du mont Eryx.
Elle avait pour attributs le myrte, la rose; divers fruits, comme la pomme
ou la grenade ; les animaux de nature ardente ou prolifique, comme le
bélier, le bouc, le lièvre, le cygne, la tourterelle ou la colombe.
Elle avait aussi une ceinture magique, cadeau de mariage de Zeus, qu'elle
prêtait parfois à Héra pour ravivait l'amour de son
époux volage.
Elle entraînait à sa suite Eros, les Nymphes, les Heures, les Charites,
les Tritons et les Néréides. et des personnages
allégoriques comme Peitho (la Persuasion), Pothos ou Himéros (le Désir)
;
Il y a autour de sa naissance des légendes contradictoires.
D'après Homère elle est la fille de Zeus et de Dioné.

La naissance de Vénus d'après Cabanel
(© Musée d'Orsay, Paris )
Dans la Théogonie, elle est née de l'écume des flots (aphros = écume) après
la mutilation d'Ouranos par Cronos.
Aphrodite surgit nue de l'écume de la mer, chevaucha une conque
aborda d'abord sur l'île de Cythère, mais comme c'était
une toute petite île, elle se rendit dans le Péloponnèse et finalement s'installa
à Paphos, dans l'île de Chypre, qui allait devenir son centre de culte
principal. A Paphos, les Saisons, filles de Thémis, se hâtèrent
de la vêtir et de la parer.
Quand elle parut dans l'Olympe tous les dieux, mais beaucoup moins les
déesses, furent stupéfaits d'admiration: jamais une
telle beauté n'avait été admirée: sa
peau était de la blancheur du lait, ses cheveux comme une
rivière d'or liquide, ses yeux étincelants comme des
étoiles, ses formes parfaites et elle exhalait un parfum
suave de fleur.
De cette double naissance provient peut être la double personnalité d'Aphrodite, déesse de l'amour céleste et déesse de l'amour physique.

Vénus demandant à Vulcain des armes pour Enée
d'après CJ NATOIRE © Musée Fabre Montpellier
Ici aussi les légendes divergent. Pour Hésiode, Aphrodite est l'épouse d'Arès mais ce n'est cette version qui est la plus connue car en général comme le chante Démodocos dans l'Odyssée (VIII, 266-366) Aphrodite est mariée à Héphaïstos qu'elle trompe avec d'autres dieux, en particulier avec Arès, et même de simples mortels.
HEPHAISTOS Pour bien comprendre les raisons du mariage d'Héphaïstos et d'Aphrodite il faut se souvenir de la naissance du forgeron des dieux. "Les Grecs racontent que Héra ayant précipité Héphaïstos du ciel aussitôt après sa naissance, ce dieu, pour satisfaire son ressentiment, lui envoya en présent un trône où il y avait des liens invisibles, et Héra s'y étant assise, se trouva enchaînée ; aucun des autres dieux n'ayant pu fléchir Héphaïstos, Dionysos qui avait toute sa confiance, l'enivra et l'amena au ciel." (Pausanias I,20,3). Cette scène est décrite sur une fresque du vase François visible au musée archéologique de Florence.
Avant de l'enivrer Dionysos lui avait fait croire que s'il intervenait rapidement pour délivrer sa mère il pourrait obtenir la main d'Aphrodite. Hygin rapporte dans ses Fables que Poséidon, toujours hostile à la déesse, lui suggéra de demander la main d'Athéna.
ARES
Arès ne vivait en bonne intelligence qu'avec Aphrodite qu'il venait voir la nuit de peur que Phoebus qui voit tout,
rapporta les faits à Héphaïstos époux légitime
d'Aphrodite.
Arès postait devant la porte un jeune éphèbe du nom d'Alectryon
qui devait l'avertir afin qu'il puisse quitter la chambre avant le
lever du soleil.
Malheureusement un matin ce dernier oublia la consigne
et les deux amants, furent surpris par Héphaïstos,
qui les enferma dans un filet magique qu'il est seul capable de manoeuvrer
et les exposa ainsi à la risée des Immortels, exception
faite des déesses qui ne voulurent pas désobliger Aphrodite.
Puis il demanda à Zeus de lui restituer toute la dot. Les dieux tombèrent d'accord pour imposer une amende à Arès et Hermès avoua qu'il prendrait bien la place d'Arès ce qui fit redoubler les rires.
Seul Poséidon ne riait pas car il négociait âprement avec Héphaïstos la libération des infortunés amants.
Il fallut que Poséidon promît de payer la caution si Arès refusait de le faire, pour qu'Héphaïstos finisse enfin par les relâcher. Après cette malheureuse aventure, Aphrodite se retira d'abord à Paphos, puis alla se cacher dans les bois du Caucase. 
Tous les dieux la cherchèrent bien longtemps en vain alors une vieille femme leur apprit le lieu de sa cachette secrète. La déesse la métamorphosa en rocher pour la punir d'avoir trop parler.

Cérès, Bacchus et Vénus
d'après Rubens , Gonzaga, Italie.
DIONYSOS
Elle eut une courte aventure avec Dionysos qu'elle oublia pour Adonis lorsque Dionysos partit en expédition vers les Indes.
A son retour elle vint à sa rencontre pour de nouveau le délaisser quelques temps après et aller accoucher à Lampsaque, sur l'Hellespont, de leur fils Priape.
Ce comportement déplut fortement à Héra qui utilisa son pouvoir pour enlaidir Priape. Honteuse, Aphrodite abandonna l'enfant qui fut recueilli et élevé par des bergers.
Priape passe aussi pour le fils d'Aphrodite et d'Adonis.
ZEUS
En revanche Zeus n'eut pas le même succès et son aventure galante avec Aphrodite tourna court comme Nonnos raconte dans le Livre XIV, 193 des Dionysiaques.
"La seconde variété des Centaures qui avaient pris les armes était née dans l'île de Chypre. Quand Cypris, craignant de rencontrer dans son père un époux illégitime, sut éviter, aussi prompte que les vents, les poursuites du dieu à qui elle devait la vie, le grand Jupiter ne put l'atteindre, et dut, sans la soumettre à son union, abandonner Vénus, que lui dérobaient a légèreté et ses refus. La terre prit alors la place de Cypris, et vit naître, des fécondes tentatives du fils de Saturne, une nouvelle race cornue dont elle venait de recevoir en son sein nuptial le germe générateur." |