Arès

❖ Culte.
Sacrifice au dieu Mars
Laurent PECHEUX (1800)
© musée des beaux-arts de Chambéry

Le cycle d'Arès était pauvre. Il n'a jamais été très populaire en Grèce. Toutes les légendes sur Ares semblent indiquer que son culte a été introduit à partir de la Thrace. Son culte originaire de Thrace se déroulait principalement à Sparte et Thèbes.

À Sparte, il y avait une statue d'Arès qu'on gardait enchaînée, symbolisant ainsi que l'esprit de la guerre et de la victoire ne pouvait jamais quitter la ville.
Arès recevait des sacrifices d'animaux selon le type de victoire; à Sparte, après la bataille, on lui offrait un bœuf pour une victoire par stratagème, ou un coq pour une victoire par assaut.
Pausanias rapporte qu'à Sparte, chaque compagnie de jeunes gens sacrifiait un chiot à Enyalios avant de s'engager dans un corps à corps à mains nues dans un "combat sans règles" à Phoebaeum, lieu proche de Thérapné, ville de Laconie dépendant de Sparte, située sur la rive orientale de l'Eurotas. Le sacrifice nocturne chthonien d'un chien à Enyalios fut assimilé au culte d'Arès-Anyalios.

Ses temples étaient rares et peu fréquentés.

Les Athéniens lui avaient consacré le rocher de l'Aréopage. La colline de l'Aréopage est ainsi nommée car elle a été, selon la tradition, le lieu où Arès avait été jugé et acquitté par les autres dieux car il avait tué Halirrhotios, fils de Poséidon, qui avait violée Alcipe sa fille. Son nom était utilisé par le tribunal qui y siégeait, principalement pour juger des cas de trahison possible. De nos jours, dans le langage courant, un « aréopage » désigne une assemblée de gens compétents dans un domaine particulier.

D'autres lieux de culte se trouvent en Étolie, en Thessalie ou à Athènes ; il y avait une statue dédiée à son culte dans la ville d'Hermione du Péloponnèse.
[A Athènes] il y a un sanctuaire d'Arès, où sont placées deux images d'Aphrodite, une d'Ares faite par Alkamène, et une d'Athéna faite par un Parien du nom de Lokros. Il y a aussi une image d'Enyo, faite par les fils de Praxitèle. (Pausanias I, 8, 4)

En revanche Mars était plus reconnu chez les romains. A l'époque classique, il est connu comme le dieu de la Guerre et apparait dans la légende de Rhéa Silva

❖ Hymnes.

À Arès,

Mars et Renommée
Anne-Louis GIRODET
© Château de Compiègne

Très puissant Arès, fardeau des chars, au casque d'or, au grand coeur, porte-bouclier, sauveur de villes, armé d'airain, aux bras vigoureux, infatigable, puissant par ta lance, rempart de l'Olympos, père de l'heureuse guerrière Nikè, auxiliaire de Thémis, tyran des révoltés, chef des hommes justes, porte-sceptre du courage, roulant dans le cercle enflammé de l'Aithèr, parmi les sept astres mouvants, là où tes chevaux flamboyants te portent toujours, au-dessus du troisième orbite ! entends-moi, allié des mortels, qui donnes l'audacieuse jeunesse, qui répands d'en haut la douce lumière et le courage guerrier sur notre vie !
Puissé-je détourner l'amère lâcheté de ma tête, et contenir l'impétuosité trompeuse de l'âme, et réprimer la violence du coeur qui me pousserait à d'horribles combats !
Mais toi, ô Heureux ! donne-moi le vrai courage, afin que je reste sous les lois inviolées de la paix, ayant échappé à la mêlée des ennemis et aux Kères violentes !

 

À Arès,
Arès puissant, qui sous ton poids fais plier un char, toi dont la tête est armée d’un casque d’or et le bras d’un bouclier, dieu magnanime au bras vigoureux, sauveur des cités, divinité cuirassée d’airain, rempart de l’Olympe, père de la Victoire dans une guerre équitable, soutien de Thémis, terreur de tes ennemis, chef des hommes vertueux, roi de la force, qui roules dans les airs un cercle lumineux au milieu des sept planètes, où t’enlèvent sans cesse d’ardents coursiers au-dessus du troisième orbite, exauce mes voeux, ami des héros, source d’une jeunesse audacieuse.
Répands sur ma vie du haut des airs, et la douce clarté et la force martiale ; que je puisse éloigner de ma tête l’amère douleur, réprimer par ma prudence l’impétuosité trompeuse de mon âme, et retenir la fougue de mon courage qui me pousse à la guerre cruelle ; accorde-moi, dieu fortuné, de vivre sous des lois pacifiques en évitant l’impétuosité des guerriers et la mort violente.

Traduction de Leconte de Lisle (1868)
❖ Sources antiques
❖ Bibliographie

Quelques autres livres pour approfondir ce sujet.


11-Nov-2021
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