THEBES

Thèbes, capitale de la Béotie, était située dans une plaine au sud-est du lac Hylicé, et au nord-est de Platées. Le territoire de Thèbes s'étendait du côté de l'Est jusqu'à la mer Eubéenne.

Son acropole, qui était une éminence ovale peu élevée, s'appelait Cadmée, parce qu'elle avait été, disait-on, fondée par Cadmos, chef d'une colonie phénicienne. On rapporte que les fortifications de la place furent bâties par Amphion et par son frère Zéthos;  quand Amphion jouait de la lyre, les pierres venaient d'elles-mêmes s'arranger et former les murailles.

Aucune cité n'était plus célébrée que Thèbes dans les âges mythiques de la Grèce. Ce fut par là que l'usage des lettres fut d'abord introduit par les Phéniciens dans l'Europe occidentale. C'était le lieu présumé de la naissance des deux grandes divinités Dionysos et Héraclès. C'était aussi la ville natale du devin Tirésias et du grand musicien Amphion. Cette ville joue un grand rôle dans l'histoire fabuleuse des Grecs : c'est là que régnèrent Labdacus, Laïus, Œdipe, et les deux frères ennemis Etéocle et Polynice; c'est contre Thèbes qu'eut lieu la guerre des « Sept contre Thèbes ». Peu d'années après, les « Epigones » ou descendants des sept héros marchèrent contre Thèbes pour venger la mort de leurs pères; ils prirent la ville, et la rasèrent.

Elle apparaît dès les temps les plus reculés de la période historique comme une vaste et florissante cité, et on la représente comme ayant sept portes, nombre que lui assignent les plus anciennes légendes.

Les Thébains sont, dès les premiers temps, les ennemis acharnés des Athéniens. Dans la guerre du Péloponnèse ils épousent la cause de Sparte, et contribuent puissamment à la chute d'Athènes. Mais, comme les autres États de la Grèce, ils ne tardent pas à se fatiguer de la suprématie de Sparte, et ils se joignent à la ligue formée contre elle en 394 avant notre ère. La paix d'Antalcidas, en 387, met un terme aux hostilités en Grèce. Mais la prise par trahison de la Cadmée par le général lacédémonien Phœbidas en 382 et sa délivrance en 379 par les exilés thébains, amènent entre Thèbes et Sparte une guerre dans laquelle la première non seulement reconquiert son indépendance, mais encore détruit à jamais la suprématie lacédémonienne. Ce fut la période la plus glorieuse des annales thébaines, et la défaite décisive des Spartiates à la bataille de Leuctres, en 371, fit de Thèbes la première puissance de la Grèce. Sa grandeur fut due toutefois aux talents de ses citoyens, Épaminondas et Pélopidas; et par la mort du premier à la bataille de Mantinée, en 362, elle perdit la suprématie si récemment acquise. Les Thébains furent amenés par l'éloquence de Démosthène à oublier leur vieille animosité contre Athènes et à s'unir à eux pour protéger les libertés de la Grèce contre les entreprises de Philippe de Macédoine; mais les forces réunies de ces deux États furent défaites par Philippe à la bataille de Chéronée, eu 338. Bientôt après la mort de Philippe et l'avènement d'Alexandre, les Thébains firent un dernier effort pour recouvrer leur liberté, mais ils furent cruellement punis par le jeune roi. Leur ville fut prise en 336 par Alexandre et entièrement détruite, à l'exception des temples et de la maison du poète Pindare; six mille habitants furent massacrés et trente mille vendus comme esclaves. En 316 la ville fut rebâtie par le roi Cassandre ((305–297), avec l'aide des Athéniens. En 290, elle fut prise par Démétrios Poliorcète, et souffrit encore beaucoup. Après la période macédonienne, Thèbes vit rapidement décliner son importance; elle reçut le dernier coup par les mains de Sylla, qui donna la moitié de son territoire aux Delphiens.

❖ Bibliographie

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