Hydre de Lerne
Hercule Hydre

Pour le deuxième des douze « travaux », Eurysthée demanda à Héraclès (Hercule) de tuer l'Hydre de Lerne, monstre né de Typhon et d'Echidna et élevé par Héra.

Le monstre, au corps de chien ou de serpent, avait de multiples têtes. Cinq ou neuf selon les uns, cent, selon d'autres. Parmi ces têtes l'une était immortelle. Quant aux autres têtes, chaque fois que l'on coupait l'une d'entre elles il en repoussait plusieurs.

Lerne se trouve près de la mer, à quelque distance de la cité d'Argos. A l'ouest se dresse le mont Pontinos, avec son bois de platanes sacrés. Chaque année, des rites nocturnes et secrets se tenaient à Lerne en l'honneur de Dionysos qui était descendu au Tartare à cet endroit pour aller chercher sa mère, Sémélé, et, non loin de là, étaient célébrés les Mystères de Déméter Lernéenne, dans une enceinte qui marquait l'emplacement où Hadès et Perséphone descendirent, eux aussi, au Tartare.

Hercule et Hydre
Hercule terrassant l'hydre.

Cette région, fertile et sacrée à la fois, vivait dans la terreur de l'Hydre, dont le repaire se trouvait sous un platane à la septuple source d'Amymoné, et qui hantait les marais sans fond de Lerne et le lac Alcyonien qui se trouvait dans le voisinage. Ces marais furent le tombeau de bien des voyageurs imprudents.

Athéna avait médité sur le meilleur moyen pour Héraclès de venir à bout de ce monstre, et, lorsqu'il arriva à Lerne, sur son char conduit par le fidèle Iolaos, elle lui indiqua le repaire de l'Hydre.

Sur son conseil, il força l'Hydre à sortir en lui lançant des flèches enflammées puis, retenant son souffle à cause de l'odeur pestilentielle et mortelle qui se dégageait, il s'empara d'elle. Mais le monstre s'enroula autour de ses pieds pour essayer de le faire tomber. C'est en vain qu'avec sa massue il lui assenait des coups sur la tête: à peine en avait-il écrasé une que deux ou trois autres repoussaient à sa place.

Un crabe (ou une écrevisse) géant, envoyé par Héra, sortit de la mer proche pour venir en aide à l'Hydre et pinça fortement Héraclès au pied, qui, furieux, écrasa sa carapace et appela Iolaos pour l'aider car le nombre de têtes ne faisait qu'augmenter. Iolaos mit le feu à un petit bois, puis pour empêcher l'Hydre de faire renaître de nouvelles têtes, il cautérisa les chairs à la racine avec des brandons et réussit ainsi à arrêter le sang et la multiplication des têtes.

Alors, avec une épée (ou une serpe) Héraclès décapita la tête immortelle, dont une partie était en or, et l'enterra toute vivante, alors qu'elle lançait encore des sifflements terribles, sous un lourd rocher au bord de la route qui va de Lerne à Elaeos.

Héraclès et l'Hydre
Héraclès attaqué par le crabe
tandis Iolaos brûle l'hydre

Il arracha les entrailles du cadavre et trempa ses flèches dans le sans empoisonné, et depuis lors, la moindre blessure de l'une d'elles devenait irrémédiablement mortelle. Chiron et Pholos en firent la triste expérience.

Pour récompenser le crabe (cancer) de ses services, Héra le mit au nombre des douze Signes du Zodiaque.
Eurysthée ne voulut pas considérer ce Travail comme régulièrement accompli à cause de l'aide d'Iolaos qui avait apporté les brandons. Ce fut une épreuve pour rien.

Le naturaliste suédois Carl von Linné, en référence à l’Hydre de Lerne, a donné son nom à un petit animal des étangs, capable de régénérer des parties manquantes de son corps.

Arts.

On a retrouvé de nombreuses poteries antiques ornées de la scène où Héraclès coupe les têtes tandis qu'Ialos les cautérise avec un brandon incandescent.

Héraclès et l'Hydre
Héraclès et Iolaos attaquant l'Hydre
 
Héraclès et l'Hydre
Héraclès attaquant l'Hydre
Cranach l'ancien (1537~1540)
Héraclès et l'Hydre
Héraclès attaquant l'Hydre
 

Ce sujet à aussi inspiré les modernes comme Pollaiolo, Cranach, Guido Reni, G. Moreau ou des sculpteurs comme Rudolf Tegner.

❖ Sources antiques
❖ Bibliographie

Quelques livres de librairie pour approfondir le sujet.

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