Nomes

La Haute-Égypte proprement dite s'étend de la ville d'Assiout, au nord, à celle de Kôm-Ombo, qui marque la limite sud du pays. Le terme grec de nome est utilisé pour désigner les régions économiques et naturelles de l'Egypte. Voir la carte.
L'origine remonte au néolithique et chaque nome a sa divinité tutélaire, vénérée localement. Le nombre des nomes n’a pas cessé d’évoluer tout au long de l’histoire égyptienne.
En général, on en dénombre vingt deux pour la Haute-Egypte et vingt pour la Basse-Egypte. De toutes ces régions, c'est celle de la vallée thébaine qui aura le plus grand rayonnement. Chaque numéro est suivi de l'emblème du nome et du nom de la capitale (en grec et en égyptien).

• 1 « Le Pays de l'arc », Kôm-Ombo (Noubt)

C'est à l'époque ptolémaïque que la ville devient la capitale du premier nome de Haute-Égypte, Éléphantine, l'ancienne métropole, étant trop exposée aux raids des pillards. Le dieu crocodile Sobek y partage un temple avec le dieu faucon Haroéris. A l'époque ptolémaïque, la ville comprend deux triades importantes : Haroéris, Senetnofret et Paneb-taouy (Seigneur du Double Pays), d'une part ; Sobek, Hathor et Khonsou, d'autre part. Plus tard, ces deux triades fusionneront pour n'en faire qu'une, Senetnofret étant assimilée à Hathor et Paneb-taouy à Khonsou. La ville possède une nécropole d'animaux sacrés renfermant des momies de crocodiles.

• 2 « Le Trône d'Horus », Apollinopolis Magna (Edfou)

La divinité tutélaire d'Edfou (ou Djeb) , une des cités les plus anciennes et les plus influentes d'Égypte (on y trouve la trace d'un roi de la première dynastie, Ouadjib), est Haroéris, le dieu faucon, dont la présence est attestée dès la IIIe dynastie. Un culte est aussi rendu à la déesse scorpion Hededet (plus tard Selquit ou Serket). L'Horus d'Edfou est chargé de veiller sur l'or et sur les prospecteurs qui le cherchent dans le désert arabique.

• 3 « Le rural », Eileithyapolis (Neikhen)

A l'époque prédynastique, un culte est rendu à la vache sauvage, Sematouret, progressivement remplacée par la déesse vautour Nekhbet. Nekhen fut appelée Eileithyaspolis par les grecs, qui avaient identifié Nekhbet à leur déesse de la fécondité Eileithya

• 4 « Le Sceptre ouas », Diospolis Magna-Thèbes (Ouaset)

Le premier dieu de Thèbes fut Montou, dieu à tête de faucon couronné par le disque solaire, avant de céder la place à Amon et Ouseret, l'un des noms de la déesse-lionne Sekhmet. Sous la XIIe dynastie, Ouseret est identifiée à Mout, et la triade thébaine, Amon, Mout et Khonsou, se créera sous l'impulsion du clergé d'Amon.

• 5 « Les Deux Faucons », Coptos (Geptyou)

La cité commerçante, qui doit son prestige aux mines du désert arabique, voue depuis les temps archaïques un culte sans partage à Min, dieu de l'énergie divine, de la fertilité et des mines du désert de l'Est.

• 6 « Le Crocodile », Tentyris-Denderah (Iounet)
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Hathor, la déesse vache, est la divinité tutélaire de la ville sainte de Denderah. Bien que son existence soit attestée dès l'Ancien Empire, ses principaux monuments datent de l'époque ptolémaïque. Son temple est certainement le plus beau et le mieux conservé d'Égypte. L'Hathor de Denderah passe pour avoir donné naissance à toutes les autres formes hathoriques. Des liens religieux unissent les clergés de Denderah et d'Edfou, au point que leurs textes sacrés communs font état d'une union entre les deux divinités donnant naissance au dieu Ihy, dieu-fils et roi.

• 7 « Le Sistre », Diospolis Parva (Hou ou Het)

Un culte ancien était consacré à Bat, divinité à tête de femme surmontée de cornes. Elle fut naturellement assimilée à Hathor dès les premières dynasties.

• 8 « Le Reliquaire d Osiris », This ou Thinis (Tin ou Téni)

Placée sous la protection du couple divin Onouris et Mehyt, la déesse-lionne, Thinis cédera plus tard le pas à Abydos (en face de Thinis) où est vénéré Khenty-Imenty, chien noir funéraire qu'Osiris remplace dès l'Ancien Empire. Abydos devient la grande capitale du culte voué à l'Osiris ressuscité.

• 9 « La Foudre de Min », Akhmin-Panopolis (Khent-Menou)

L'une des patries du dieu Min mais aussi celle de la déesse lionne Répit, assimilée à Apérétiset (ancienne compagne de Min). Min et Répit, associés à leur enfant Kolanthès, forment la triade de Hout-Menou. La Panopolis des Grecs est un hommage au dieu Pan, assimilé à Min.

• 10 « Le Cobra », Aphroditopolis (Tjebou)

Métropole dont la divinité majeure est une Isis que les Grecs assimileront par la suite à leur Aphrodite.

• 11 « Le Lévrier », Hypsélis (Chas-hotep)

C'est le plus petit nome de Haute-Égypte. Le dieu Khnoum, bélier aux cornes d'abord horizontales puis enroulées (cornes d'Amon), y est vénéré, lui qui est considéré comme le créateur de tous les êtres vivants.

• 12 « Le Mont du serpent », Antaeopolis (Pi-Anti)

La capitale du douzième nome est juchée sur une falaise à proximité du Nil. On y adorait la déesse lionne Matit, qui fut remplacée plus tard par Nemty, le dieu faucon. Les Grecs ont assimilé cette divinité locale à leur géant Antée (d'où le nom de la ville), dont la force était réputée.

LA MOYENNE-ÉGYPTE La Moyenne-Égypte s'étend entre Memphis au nord et Assiout au sud. Cette région, définie arbitrairement par les géographes modernes, compte dix nomes, dont les principaux sont ceux d'Hermopolis, ville dédiée au dieu Thot (l'Hermès des Grecs) et d'Héracléopolis, qui joue un rôle important lors de la Première Période intermédiaire. Voir la carte

• 13 « Le Grenadier supérieur », Lycopolis (Saout-Assiout)

Assiout est l'ancienne Saout dont la divinité tutélaire est Oupouaout, un chien noir (d'où le nom grec de Lycopolis) à vocation funéraire. Oupouaout, «  l'ouvreur des chemins », est le nom local d'Anubis, dont les nomarques sont les grands prêtres. Il semble avoir joué un rôle important dès la XIIe dynastie, lors de la conquête de la Nubie par Sésostris Ier.

• 14 « Le Grenadier inférieur », Cusae (Qis)

La déesse tutélaire de Qis est Hathor, divinité protectrice des tombes de l'Ancien et du Moyen Empire. C'est là que sont enterrés les nomarques du quatorzième nome, dans la falaise rocheuse du désert de l'Ouest.

• 15 « Le Lièvre », Hermopolis (Khemenou)

L'antique cité religieuse dont Thot est le dieu principal semble avoir joué un rôle de premier plan sous les Lagides. Les Grecs reconnaissent en Thot, inventeur de l'écriture et secrétaire de l'Ennéade, leur dieu Hermès. Hermopolis passe également pour être un des lieux d'où seraient issus les trois grands mythes de la création. Mythe de l'ogdoade (Khemenou signifie « ville des huit ») et son collège de huit dieux (au lieu de neuf dans la cosmogonie traditionnelle) : Noun et Nanner (océan primordial), Heh et Hehet (l'infini de l'espace), Kek et Keket (les ténèbres), Amon et Amonet (le mystérieux). Deuxième mythe : Thot envoie sur la colline un ibis pour pondre un oeuf cosmique qui donne naissance à l'univers. Dernier mythe : la naissance de Rê dans le calice d'une fleur de lotus issue des eaux primordiales. Comme le soleil, la fleur de lotus s'ouvre au matin et se ferme le soir.

• 16 « L'Oryx », Théodosiopolis Beni Hassan (Hebenou)

L'actuelle Beni Hassan vouait un culte à Horus et, dans la grotte sacrée, à la déesse lionne Pakhet, la redoutable fille de Rê, à la fois « Dame des sources » et « capable de trancher la montagne ». Les habitants du nome vénèrent également le dieu Khnoum et Hathor.

• 17 « Le Chien noir », Cynopolis (Henou)

Le dieu de la ville et du nome est un chien noir, Anubis, fils de la vache blanche Hésat et gardien des nécropoles de toute l'Égypte.

• 18 « Le Faucon aux ailes déployées », Ankyronpolis (Dehenet)

Dehenet, « la Falaise », est une ville militaire fortifiée qui joue un rôle important sous la XXle dynastie. Elle marque la limite nord de la Thébaïde et voue un culte particulier à Hathor.

• 19 « Le Sceptre pur », Oxyrhynchos (Per-medj ed)

La ville est une des cités les plus florissantes de l'époque gréco-romaine. La région, placée sous l'influence de Seth-Typhon (la zone désertique dans laquelle elle est établie s'appelle Typhonia), n'empêche pas les habitants du nome de vouer un culte particulier au dieu poisson Oxyrhynque, qui emprunte à Hathor sa couronne. Une nécropole lui est consacrée (l'oxyrhynque est un poisson du Nil accusé de n'avoir pas respecté les morceaux du cadavre d'Osiris).

• 20 « Laurier rose supérieur », Héracléopolis (Henen-Nesout)

Capitale de l'Égypte sous la IXe et la Xe dynasties, Henen-Nesout, « L'Enfant royal », héritière de la tradition memphite, a régné sur l'Égypte lors de la Première Période intermédiaire. Sa principale divinité est le dieu bélier Heryshef. D'autres cultes sont rendus à Amon, Hathor et Néhebkaou.

• 21 « Laurier rose inférieur », Crocodilopohs-Arsinoë (Per-Sobek ou Chedyt)

Comme l'indique son nom grec, la capitale du vingt-et-unième nome voue un culte particulier au dieu crocodile Sobek. Selon Hérodote, de nombreux visiteurs venaient de toute l'Égypte et même de Grèce pour assister au repas des crocodiles sacrés du lac Moeris, parés pour la circonstance de pendants d'oreilles et de bracelets aux pattes de devant.

• 22 « Le Couteau », Aphroditopolis (Tepet-Ihou)

Tepet-Ihou, « la première des vaches », donne son nom à cette métropole dont la divinité majeure est une Isis-Hathor et l'animal sacré une vache blanche couchée du nom d'Hésat. Des fouilles récentes ont mis au jour une nécropole de vaches sacrées, copiée sur le Sérapéum des taureaux Apis.

❖ Bibliographie

Quelques autres livres pour approfondir ce sujet.


08-Jan-2021
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