Héraclès

Héra avait perdu la première manche lors de l'accouchement mais elle ne s'avouait pas vaincue et elle osa s'attaquer directement au bébé.

❖ La vengeance d'Héra.

Il existe différentes légendes qui racontent comment Héraclès, encore tout petit, téta le sein d'Héra, sa pire ennemie.

Alcmène, qui redoutait la jalousie d'Héra, abandonna son nouveau-né dans un champ en dehors des murs de Thèbes où justement Zeus avait suggéré à Athéna de faire une promenade en compagnie d'Héra.

Bien sûr, elles découvrirent Héraclès et Héra le prit dans ses bras et découvrit son sein dont Héraclès s'empara avec tant de vigueur qu'elle le laissa tomber sur le sol, tant il lui avait fait mal et une traînée de lait jaillit vers le ciel et devint la Voie Lactée.
Athéna rapporta le bébé à Alcmène en souriant et lui dit de bien veiller sur lui et de l'élever avec soin et sans crainte.

Dans une autre version Hermès, comme il l'avait fait lui-même, plaça le bébé sur le sein d'Héra endormie. Sous la violence de la tétée, la déesse se réveilla et repoussa le bébé mais un jet de lait se répandit dans le firmament, créant ainsi la Voie Lactée.

En tout cas, Héra fut sa mère nourricière, même si elle ne le fut que pour très peu de temps ce qui était très important pour quiconque voulait devenir immortel.
C'est pourquoi les Thébains disent qu'Héra est sa mère "nourricière" et qu'il s'appelait Alcide (descendant d'Alcée) avant qu'elle ne lui donne le sein mais ce nom sera changé en Héraclès en son honneur (Héra - clès = Gloire d'Héra) par la Pythie de Delphes ou par Héra elle-même.

Mais ceci ne suffit pas à calmer sa rancoeur et pendant toute la vie terrestre d'Héraclès elle le fit poursuivre de sa haine et de celle d'Eurysthée.

❖ Les serpents
Hercule étouffant les serpents
Hercule étouffant les serpents,
Villa Vetii (Pompei)

Un soir, Héraclès avait alors huit ou dix mois, il n'était pas encore sevré, Alcmène après avoir baigné et allaité ses deux jumeaux, elle les avait couchés sous une peau d'agneau sur le large bouclier de bronze qu'Amphitryon avait arraché à Ptérélas puis elle alla se coucher. Vers minuit, Héra envoya deux énormes serpents à raies bleues dans la maison d'Amphitryon, avec la consigne très précise de faire périr Héraclès. Les portes s'ouvrirent à leur approche; ils se glissèrent sans bruit dans les couloirs du palais et rampèrent jusqu'à la chambre des enfants. Leurs yeux lançaient des flammes et du poison coulait de leurs crocs.

Les jumeaux s'éveillèrent et virent les deux serpents se balancer au-dessus de leur tête, dardant leur langue fourchue, car Zeus avait, une fois encore, répandu une grande lumière dans la chambre. Iphiclès poussa un cri, rejeta la couverture du pied et, en essayant de fuir, roula sur lui-même et tomba du bouclier sur le sol. Ses cris perçants et l'étrange lumière qu'on voyait filtrer sous la porte de la chambre éveillèrent Alcmène; Amphitryon sauta de son lit, et saisit son épée.

Hercule étouffant les serpents
Héraclès étouffant les serpents

A ce moment, la lumière de la chambre des enfants s'éteignit. Amphitryon se précipita, criant aux esclaves d'apporter des lampes et des torches et ouvrit la porte, Héraclès, qui n'avait pas versé une larme, tendit fièrement les deux serpents qu'il était en train d'étrangler, un de chaque main. Tandis qu'Alcmène consolait Iphiclès, terrorisé, Amphitryon remit la couverture sur Héraclès il alla se recoucher en pensant qu'Héraclès était le fils d'un dieu. Phérécyde soutient pour sa part qu'Amphitryon, pour savoir lequel des deux enfants était le sien, jeta les serpents dans le lit : Iphiclès s'enfuit, Héraclès, lui, les affronta, et Amphitryon comprit que son fils était Iphiclès. (Apd. II, 4, 8)
A l'aube, lorsque le coq eut chanté trois fois, Alcmène fit venir Tirésias et lui raconta le prodige. Tirésias, après avoir prédit les exploits futurs d'Héraclès, lui conseilla de disposer des fagots d'ajonc, d'épines et de ronces sur un âtre assez large et de brûler les serpents à minuit.

Au matin, une servante devrait prendre les cendres et aller jusqu'au rocher où le Sphinx se tenait perché, les disperser au vent et revenir sans regarder en arrière. A son retour, le palais devrait être purifié par des fumigations de soufre et aspergé d'eau d'une source salée; et sur le toit on devrait fixer des branches d'olivier sauvage. Enfin, un sanglier devrait être sacrifié sur le grand autel de Zeus.
Alcmène fit tout cela scrupuleusement.

Sources : Mythes grecs de Robert Graves éditions France loisirs 1984, 223p

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