ÉRINYES

Les Erinyes ou Erinnyes (Gr. Ἐρινύες ) étaient des divinités très anciennes, déesses chthoniennes de la Vengeance du crime.

Furies
Les Furies
Boris VALLEJO 1991

Elles ne reconnaissaient pas l’autorité des dieux de la nouvelle génération et n’avaient d’autre lois que les leurs. Elles furent identifiées plus tard aux Furies (ou Dirae) chez les Romains.

Elles sont nées des gouttes de sang versées sur la Terre, Gaïa, lorsque Cronos mutila son père Ouranos. D'autres auteurs comme Eschyle  font d'elles les filles de Nyx, la Nuit. Sophocle leur donne comme parents Nyx et les Ténèbres (Scotos).

Dans tous les cas elles vivaient dans le Tartare ou l’Erèbe et venaient sur Terre poursuivre les criminels. Ces divinités infernales, symbolisaient les lois de l'ordre moral, et châtiaient qui les transgressaient. Elles pourchassaient particulièrement les personnes ayant commis un meurtre, un parricide ou matricide mais aussi tous ceux qui avaient commis un crime contre les dieux, contre l'hospitalité, ou qui s’étaient parjuré.

La colère des Erinyes ne touchait pas seulement le criminel, le pays qui  l’hébergeait encourrait le risque d’être frappé par la famine ou la maladie. La mort du fautif ne les empêchait pas de poursuivre leur action et elles devenaient alors des aides d’Hadès et de Perséphone en torturant  les criminels.

Erinyes
Erinyes

Intraitables, leur colère ne prenait fin que lorsque les rites de purification avaient été correctement et entièrement accomplis. Aucune prière, aucun sacrifice aucun objet sacré ne pouvait les détournait de leur poursuite.

Leur nombre était à l’origine indéterminé; Dans l'Orestie, Eschyle met en scène un chœur de cinquante Erinyes ou Euménides. Euripide fut le premier à préciser qu'elles étaient trois et plus tard elles furent nommées: Mégère (Haine), Alecto (Implacable) et Tisiphone (Vengeance). En divers endroits de la Grèce, notamment à Athènes elles laissaient de côté leur caractère redoutable pour devenir les Euménides (les Bienveillantes) mais jamais leur vrai nom était prononcé car il inspirait l’effroi à lui seul.

On les représentait comme des femmes ailées aux regards menaçants, les yeux injectés de sang avec de grandes ailes noires déployées sur le dos. Elles étaient vêtues de longues robes noires de deuil ou bien des jupes courtes et des chaussures de chasseresse. Des serpents étaient enroulés autour des bras et de leur chevelure. Elles tenaient en main  des fouets ou  des torches.

❖ Poursuite des criminels

remords d' Oreste
Les remords d' Oreste
par BOUGUEREAU
(© Norfolk, Virginia, USA)

Le plus connu est sans doute Oreste qui tua sa mère Clytemnestre mais bien d'autres furent poursuivis par les impitoyables Erinyes comme:
Héraclès, qui tua sa femme et ses enfants et fut purifié par le roi Thespios;
Alcméon qui tua sa mère et qui fut purifié par le roi Phégée de Psophis;
Ixion qui commit le premier meurtre, que personne voulut purifié et c'est Zeus lui même qui s'en chargea;
Penthésilée qui tua par accident sa soeur Hippolyté et fut purifié par Priam;
Médée qui tua en premier son petit frère et que Circé ne voulut pas purifier.
• Dans l’Iliade elles ôtent la parole à Xanthos, le cheval divin d'Achille qui annonce à son maitre que sa mort est proche.
... etc

❖ Culte

Erinyes

Elles avaient des temples dans toute la Grèce qui étaient un asile inviolable mais les coupables qui y pénétraient devenaient fous furieux et selon Pausanias les cas étaient si nombreux qu’on en interdit l’entrée. Parmi les sanctuaires les plus célèbres on peut citer les deux d'Athènes celui près de l'Aréopage où il n'y avait que deux statues et une grotte;
- en Attique à Phyla et à Myrrhinos;
- un sanctuaire à Colonne où il était interdit de pénétrer;
- un sanctuaire à Asopus, à Mégalopolis, à Ceryneia ...

Les sacrifices qui leur étaient offerts consistaient en brebis pleines de couleur noir et en libation de nephalia, mélange d’eau et de miel. Les objets qui leur étaient consacrés consistaient en carapace de tortue et fleur de narcisse

❖ Filiation

-
Nyx
sang de Cronos
Scotos
Erinyes
Epoux* / amant Enfants

❖ Sources

Bibliothèque virtuelle
https://mythologica.fr