La religion romaine est une religion polythéiste qui comporte un ensemble complexe de croyances et d'actes rituels.
Les Romains se disaient les plus religieux des hommes. En effet, le sentiment du sacré est omniprésent dans la vie publique comme dans la privée. Les dieux étaient présents dans tous les actes de la vie publique ainsi chaque réunion, chaque assemblée était précédée d'un rituel religieux pour obtenir l'accord des dieux.

Lieux de culte.

Templum désigne d'abord l'espace rectangulaire que l'augure trace dans le ciel ( inauguration ) avec son bâton recourbé (lituus) et où il notera les passages d'oiseaux. Puis templum s'applique à la partie du ciel qui domine l'enceinte sacrée de Rome (pomoerium) au centre de laquelle se font ordinairement les observations des augures. Et templum signifie demeure d'un dieu.
Le temple abrite la statue ( dans la cella ). Le culte se célèbre devant le temple, en plein air, autour d'un autel ( altaria, autel d'un dieu supérieur, ara, autel d'un autre dieu ). Les temples sont rectangulaires et de petites dimensions, la foule n'y rentre jamais. Le temple rond, celui de Vesta n'est pas un templum en raison de caractère propre à ce culte.
- Les chapelles ( aedicula quand il y a une statue; sacellum, quand il y a un autel.
- Les bois sacrés.
- Les fontaines ( fons ).

Manifestation religieuses.

Au calendrier républicain, il y 45 jours de fêtes religieuses, les fêtes fixes ( feriae stativae ) et mobiles ( feriae indictivae ). Elles ont pour objet des rites de sauvegarde. Le jour des Ides est consacré à Jupiter.

Les jeux publics:
Sous la république, une soixantaine de jours sont consacrés aux ludi solemnes, célébrés à dates fixes. Et les jeux votifs ( ludes votivi ) célébrés une seule fois en l'honneur d'une grande entreprise. Ils sont organisés par l'Etat ( consuls ou édiles ) ou par des particuliers ( sous la surveillance de l'Etat ).

Les prières, voeux et sacrifices:
Les prières sont faites tête couverte et tournée vers l'Est, touchant l'autel ou les genoux de la statue ( position du suppliant ). Le fidèle répète à haute voix les formules lues par le prêtre. Et la prière se termine par l'adoratio ( baiser envoyé de main gauche: oscula facere ) ou la prosternation ( supplicatio ). Vota facere, suscipere, concipere: faire des promesses à un dieu, bâtir un temple, célébrer des jeux, offrir des sacrifices, des dons, les prémices des récoltes... Parfois on rédige le voeu sur une tablette de cire attachée au genoux de la statue.

On consultait également les augures pour interpréter les oracles. Les dieux pouvaient être tour à tour protecteurs ou ennemis, c'est pour cela que le respect des rituels, et la célébration des fêtes étaient très importants, le but étant toujours de s'attirer la faveur des dieux. Des prêtres permettaient le bon déroulement du rituel

Prètres.

Sacrifices.

Avant le sacrifice, il y a libation ( libatio ): on place sur la tête des victimes un gâteau préparée par les Vestales, de miel et de farine salée ( mola salsa ): que l'on arrose de vin goûté par le prêtre et l'assistance. Le sacrifice suit la prière et les voeux. Celui qui offre le sacrifice a soin de se baigner et de revêtir une robe blanche. Les animaux à immoler (victima, gros bétail; hostia, petit bétail) doivent être sans tache. Ils sont ornés de bandelettes (vittae), leurs cornes sont dorées. Des serviteurs sacrés (popae) les tiennent par une corne sans tirer pour qu'ils donnent l'impression d'aller eux-mêmes au sacrifice. Et quand tout est prêt, un serviteur, le victimarius demande au prêtre: " agone ". Le prêtre, la tête couverte d'un pan de sa toge répond: " hoc age ". Le victimaire immole la bête d'un coup de couteau ou de hache.
La bête dépecée, les haruspices examinent les entrailles (exta) cependant que les chairs sont partagées entre le prêtre, celui qui offre le sacrifice et l'assistance. Si les exta (le foie surtout) font bonne impression, on les brûle sur l'autel sinon le sacrifice est à recommencer. Les pratiques exceptionnelles: La purification (lustratio) au moyen d'une procession faisant trois fois le tour de l'objet à purifier. Le sacrifice d'un porc, d'une brebis et d'un taureau ou suovetaurilis suovetaurile termine la cérémonie.
La devotio et consecratio capitis: ces pratiques ont pour objet de déclarer un individu sacer, c'est à dire de le vouer aux dieux infernaux. La première est généralement une promesse pour obtenir une faveur importante; et la seconde est une condamnation religieuse (entraînant condamnation civile: exil ou mort avec confiscation des biens.).
Le festin offert à la statue d'un dieu couchée sur un lit (lectisterne) ou assise sur un siège (sellisterne), surtout à celle de Jupiter (epulum Jovis), de Junon et de Minerve. La cérémonie est réglée par les Pontifes.

Mais la religion romaine n'est pas statique, elle sait évoluée et accueillir les nouveaux cultes des peuples romanisés.

Syncrétisme

La religion traditionnelle n’est pas morte, mais elle s’incorpore trop étroitement à l’État ; le culte est trop officiel, et le rituel trop archaïque, trop inexplicable même pour les Romains de l’Empire. Les classes cultivées ne lui accordent plus leur crédit. Les classes populaires se sont tournées vers d’autres dieux, dont le culte présente des aspects mystiques. C’est en particulier le cas des religions importées d’Orient, véhiculées par les marchands et les esclaves, adoptées par les marins, les soldats, favorisées par certains empereurs.

Le culte d’Isis et de Sérapis se propage en colportant tout un folklore exotique venu d’Égypte. Le culte d’Attis est introduit officiellement sous Claude, pour se joindre à celui de Cybèle. Mithra, originaire d’Iran, tient une place étonnante dans les pays où sont casernés les soldats. En outre, la variété des attitudes humaines se traduit par l’athéisme de quelques esprits forts, par les tendances panthéistes ou monothéistes de certains, par la superstition indéfectible de la masse. Les empereurs ont sévi occasionnellement contre les propagateurs des superstitions, expulsant les astrologues et les charlatans, comme le furent aussi les « philosophes », assimilés aux autres perturbateurs ou rivaux de la religion traditionnelle. La spéculation sur la nature des dieux passionne les platoniciens et les gnostiques du IIe siècle. Les tendances syncrétiques qui paraissent épurer le panthéon gréco-romain et oriental s’accentuent au IIIe siècle, et les préférences personnelles des empereurs font presque apparaître un dieu officiel suprême, qui pourrait être Jupiter ou le Soleil, ou la synthèse des deux : en pays grec, Zeus-Hélios-Sérapis est qualifié de dieu unique.

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