Histoire

336 : avènement d’Alexandre Philippe mourut assassiné, et Alexandre* lui succéda. La Grèce, à peine domptée, se révolta car les cités renonçaient difficilement à leur liberté. Le roi dut mener deux expéditions victorieuses pour les soumettre. En 335, il signa ses succès en rasant Thèbes, qui avait eu le tort de s’obstiner à lui résister. Il pouvait désormais passer en Asie pour réaliser les ambitions de son père et même les dépasser.

334-324 : Alexandre conquiert le monde En dix ans, Alexandre réussit à conquérir la totalité des territoires soumis à la dynastie achéménide, de la Méditerranée à l’Indus, contrôlant par l’intermédiaire de princes vassaux les marches indiennes. Darios II, qu’il avait écrasé (à Issos en 333, à Gaugamelès en 331), eut en lui un digne successeur, car il ne vint pas pour renverser le trône, mais pour s’y installer ; il ne voulut pas être le chef d’une expédition coloniale, mais aima traiter avec une égale bienveillance tous ceux qui se soumettaient à son pouvoir : il s’entoura d’Orientaux de vieille souche, épousa la belle Roxane, fille d’un satrape du Grand Roi. À son exemple, nombreux furent les soldats qui épousèrent des Orientales ; rares, pourtant, furent les officiers, les grands de Macédoine qui, comme Peucestas ou Séleucos, le suivirent bien loin dans l’adoption de ces coutumes barbares. Les Macédoniens, en effet, reprochaient à Alexandre de s’éloigner deux, de perdre, au fur et à mesure qu’il se faisait mieux à son rôle de roi des Mèdes, cette simplicité qui avait toujours été la marque de la royauté macédonienne : ils ne voulaient pas s’incliner devant lui (proscynèse), ni admettre qu’il puisse être fils de Zeus et qu’il renie ainsi sa filiation d’avec Philippe. Les complots, pourtant, qui menacèrent le roi furent éventés et réprimés avec fermeté en 324, après une mise au pas des fonctionnaires chargés d’administrer les diverses satrapies du royaume : Alexandre paraissait tenir bien en main la moitié du monde.

323 : mort d’Alexandre Alexandre mourut de fièvre à Babylone, alors qu’il méditait peut-être d’autres conquêtes. Son œuvre, à peine ébauchée, ne put lui survivre : l’armée, qui assura alors (à la macédonienne) le pouvoir, ne tenait pas à continuer une politique d’union des peuples ; Grecs et Macédoniens voulaient enfin tirer profit de leurs souffrances. Il ne fut question tout d’abord que de mesures conservatoires : en attendant que Roxane donnât le jour au fils d’Alexandre, on organisa la régence, qui lut confiée à Perdiccas, mais les généraux convinrent de se partager la responsabilité de l’administration de telle ou telle partie du royaume : à Ptolémée, fils de Lagos, l’Égypte ; à Antigonos Monophtalmos la Lydie et la Phrygie ; à Séleucos la Babylonie, à Lysimaque la Thrace. Antipatros conservait la Grèce d’Europe, où des troubles éclatèrent ; Harpale, trésorier infidèle d’Alexandre, avait gagné Athènes avec l’argent du roi ; la cité avait pris les armes, mais la « guerre Lamiaque » se termina à son désavantage ; Démosthène dut s’empoisonner, et une garnison macédonienne fut imposée à la ville. Quant au reste du « monde hellénistique », il demeura calme.

321 : mort de Perdiccas. Partage du Triparadisos Le partage des responsabilités territoriales fait à Babylone entre les compagnons d’Alexandre avait été fatal à l’unité du royaume. À la mort de Perdiccas, assassiné pour l’avoir voulu restaurer, la réunion du Triparadisos fut une nouvelle étape sur la voie de la division définitive de l’empire. Sur ses ruines, un monde nouveau se dessina, de nouveaux États se constituèrent. Les Séleucides* (descendants de Séleucos) possédèrent les terres entre la Méditerranée, le Pont et le fleuve Indus. Les descendants de Ptolémée, fils de Lagos, régnèrent sur l’Égypte (v. Lagides). Les enfants d’Antigonos Monophtalmos eurent du mal à se fixer, mais, en 277, ils montèrent sur le trône de Macédoine, devenant ainsi les protecteurs naturels de la Grèce d’Europe (v. Antigonides).

278 : victoire des Étoliens sur les Galates Dans le monde hellénistique, les vieilles cités historiques (si ce n’est Rhodes*) ne purent plus jouer un grand rôle ; l’heure était aux grands ensembles territoriaux. En Grèce d’Europe, face à la Macédoine, s’affirmèrent ainsi de nouvelles grandes puissances, des confédérations de peuples ou de cités. Ainsi, en 278, ce sont les Étoliens, peuplade jusqu’alors méprisée de la Grèce centrale, qui sauvent l’Hellade de l’invasion des Galates (Celtes qui marchaient vers le sud) ; cette victoire décisive permit à la confédération Étolienne d’exercer un véritable protectorat sur la Grèce centrale et, par le biais de traités d’alliance ou de citoyenneté, sur certaines îles de l’Égée, intervenant même dans les affaires du Péloponnèse.

 

page 4 page suivante


04-Jan-2021
https://mythologica.fr