Zao Jun

Zao Jun est le dieu taoïste du foyer, vénéré depuis au moins le premier siècle avant notre ère. Ce dieu de fourneaux porte plusieurs noms: ainsi on trouve Tsao-chün, Zaowangye, Zhang Lang, Táo quân, Táo Vương ou Ông Táo au Viêt Nam.

Zao Jung et son épouse.

Selon une légende, Zao Jun était jadis un pauvre homme qui, incapable de subvenir aux besoins de sa femme (ou trompé par cette dernière), dut la laisser se marier avec un autre homme. Il erra longtemps, demandant l'aumône. Un jour, il se rendit compte qu'il avait frappé à la porte de son ancienne femme ; de honte, il se cacha dans le foyer, où il fut brûlé vif.

Une autre version de ce récit raconte qu'avant de devenir une divinité, Zao Jun était un homme répondant au nom de Zhang Lang. Marié à une bonne et fidèle épouse, il la quitta un jour pour une femme plus jeune.

Mais les choses ne prirent pas la tournure espérée : la jeune femme se lassa de lui et le quitta, puis il perdit la vue et fut contraint de mendier sa nourriture.

Un jour, Zhang Lang frappa à la porte de son ancienne épouse. Devenu aveugle, il ne la reconnut pas. La femme en revanche le reconnut et l'invita à entrer puis elle lui prépara son plat préféré. Ceci lui rappela son ancienne épouse et il raconta son histoire à "l'inconnue". Sa femme lui ordonna d'ouvrir les yeux, et Zhang Lang découvrit alors qu'il avait recouvré la vue. Cependant, il eut tellement honte de son attitude passée qu'il se jeta dans le foyer, où il périt carbonisé. Sa femme réussit toutefois à sauver l'une de ses jambes, ce qui explique pourquoi un tisonnier est parfois désigné sous l'expression de « jambe de Zhang Lang ».

Zhang Lang, joueur invétéré, avait perdu jusque sa femme qu’il avait dû céder à un bûcheron. Un jour, poussé par la faim, il se résolut de lui demander de l’aide. Elle lui prépara des feuilles de bambou farcies de riz dans lesquelles elle glissa quelque argent. Malheureusement, sur le chemin du retour, il rencontra un créancier à qui il dut céder ses économies.

Zao Jung et son épouse.


Plus tard il revint chez son ancienne épouse mais le mari rentra du travail beaucoup plus tôt. Afin de ne pas mettre son ex épouse dans l'embarras il se cacha dans le fourneau. Pour faire chauffer de l'eau, le bûcheron alluma le feu. Zhang choisit de se laisser brûler vif plutôt que de risquer des ennuis à la femme.
Après sa mort, tous les jours, matin, midi et soir elle fit brûler de l'encens devant le fourneau. Son mari la questionna pour en connaître la raison et elle lui dit qu'il était naturel de lui rendre hommage car c'est bien le fourneau qui les nourrisser tous les jours. Cette phrase fit rapidement le tour du quartier et les voisins l’imitèrent, puis cette coutume se répandit dans tout le pays et parvint même aux oreilles de l’empereur de jade décida de nommer officiellement Zhang Dieu du fourneau.

Son culte est encore très répandu, et son image est placée au-dessus du fourneau, dans la cuisine. Pour le nouvel an, son esprit reçoit des offrandes de viande, de fruits et de vin, tandis que ses lèvres sont badigeonnées de miel. Le portrait est ensuite brûlé pour aider le dieu à remonter au ciel. Le miel adoucit les paroles de Zao Jun concernant la famille où il résidait lorsqu'il fera son rapport auprès de Yu Huang.

❖ Bibliographie

Quelques autres livres pour approfondir ce sujet.


04-Jan-2021
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