SPQRDéification

La déification des souverains n'était pas une invention romaine.

Depuis longtemps, en Orient, les rois étaient l'objet d'une adoration religieuse. A Rome, c'était le Sénat qui décernait l'apothéose : on élevait un immense bûcher en haut duquel on plaçait une image du nouveau dieu ; du milieu des flammes s’échappait un aigle qui portait l'âme de l'empereur dans le séjour céleste.

Avant l'Empire, César avait déjà obtenu, après sa mort, l'apothéose. Auguste fut le premier empereur déifié ; puis Claude, puis d'autres encore, et même des impératrices. Ces honneurs étaient la conséquence logique de ceux qu'ils recevaient de leur vivant : avant que la mort les eût mis au rang de divinités, on parlait déjà de leur numen et même de leur Aeternitas.

Quelques-uns d'entre eux sentaient l'ironie de ces hommages excessifs. Vespasien mourant annonçait qu'il se sentait devenir dieu (deus fio) ;
Caracalla, à propos de son frère Geta, assassiné par lui, disait : qu'il soit dieu, pourvu qu'il ne soit pas vivant (sit divus, dum non sit vivus).

Le triomphe du christianisme ne fit pas disparaître immédiatement cette coutume.

❖ Bibliographie

Bibliothèque virtuelle
http://mythologica.fr