Fa’arava’ianu

Quand Hina fut en âge de se marier, son père se mit à la recherche d’un époux digne de sa fille. L’ayant trouvé il l’appela pour  lui présenter son époux, Fa’arava’ianu, (celui-qui-étanche-la-soif); elle faillit s'évanouir de terreur en voyant une immense anguille, au corps gigantesque et à la tête énorme : c'était le prince des anguilles.

Hina et la noix de coco

Hina, épouvantée, s'enfuit dans la montagne et se refugia dans la maison du dieu Hiro ; celui-ci, en revenant de la pêche, fut ébloui par la lumière éclatante qui émanait son faré. C'étaient les cheveux d'Hina, qui brillaient sous un rayon de soleil. La jeune fille raconta au dieu sa terrible aventure, et lui demanda de la cacher pour quelques temps.

Fa’arava’ianu, attiré, lui aussi, par l'éclat des cheveux d’Hina, découvrit son refuge. D'un coup de sa puissante queue, il ouvrit dans le récif une large brèche appelée la passe de Tapuerama. Sans s’émouvoir, Hiro prit un long cheveu d'Hina, y attacha un hameçon de nacre et pêcha la monstrueuse bête. Quand il l'eût tirée sur le rivage, il la coupa en trois morceaux.
La tête tomba aux pieds de la jeune fille et lui dit :

« tous les hommes qui me détestent et toi la première, Hina, un jour pour me remercier vous m'embrasserez sur la bouche. Je meurs, mais ma prédiction, elle, est éternelle ».

Hiro, sans perdre de temps, enveloppa la monstrueuse tête avec des feuilles de bananier et tendit le paquet à Hina : « Retourne à la maison tes parents où tu détruiras cette tête mais surtout au cours de ton retour ne pose jamais ce paquet par terre car la malédiction se réaliserait ».

Bien entendu Hina, tout heureuse de revenir chez elle, oublia le conseil et posa la tête sur le sol pour se rafraichir dans une rivière. Dans un grondement sourd, la terre s’ouvrit, engloutit le paquet et se referma. Puis un curieux arbre s’éleva dans le ciel un tronc sans branche avec juste une touffe de branche à son sommet : le premier cocotier venait de naitre.

Quelques années plus tard une forte sécheresse s'abattit sur la région. Seuls les cocotiers continuaient à produire des fruits et avoir un feuillage vert. Quand on secouait les noix on pouvait entendre un liquide s’agiter à l'intérieur.
Au sommet du fruit il y avait trois tâches un peu comme deux yeux et une bouche.  Hina perça un petit trou et posa sa bouche pour boire l’eau de coco. Et la prédiction de Fa’arava’ianu lui revint en mémoire : « un jour pour me remercier vous m'embrasserez sur la bouche. »

❖ Bibliographie

Quelques autres livres pour approfondir ce sujet.


04-Jan-2021
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