Merlin
Merlin et Viviane

Sur le continent, la forêt de Brocéliande passait pour l'une des plus belles du monde connu. Merlin, en s'y promenant, rencontra un jour Viviane une gracieuse jeune fille qui se mirait dans l'eau d'un lac. L'enchanteur avait pris ce jour là l'apparence d'un séduisant damoiseau et non celle d'un vieil homme. Pour lui plaire, Merlin lui fit voir quelques enchantements : il fit apparaître un magnifique château où se déroulait une fête merveilleuse, puis il rendit au paysage son aspect premier.

A dater de ce jour, l'enchanteur s'absenta souvent de la cour du roi Arthur : il allait en secret retrouver la jolie Viviane. Lors de ces rencontres, Merlin, de plus en plus séduit, accepta de lui enseigner deux ou trois de ses tours les plus poétiques.

La jeune fille apprit ainsi à danser sur l'eau sans se mouiller et à faire jaillir une rivière à sa volonté. Mais Viviane voulait garder Merlin toujours à ses côtés. Elle réussit petit à petit à lui faire avouer presque tous ses secrets et, un jour où il s'était endormi, elle fit, à l'aide de son voile, un cercle magique autour de lui et il devint ainsi son prisonnier à jamais.

Bien sûr, Merlin avait tout deviné depuis le début, mais, par amour, il avait laissé faire. Il était définitivement retourné dans l'Autre Monde, celui des fées et des magiciens, sans trop de chagrin, car il aimait Viviane plus que sa liberté.

Textes.

Différentes œuvres appartenant au cycle breton  sont consacrées à l'enchanteur Merlin, et racontent des épisodes relatifs à sa vie et à ses prophéties. Il arrive que l'on confonde ce personnage avec Myrddin, vieux barde gallois dont il nous reste quelques compositions. Au pays de Galles, il y eut en fait une littérature nationale, écrite par les bardes, classe érudite de la société d'alors qui laissèrent un grand nombre de chants lyriques contenant des prophéties fort obscures. La légende fait remonter l'époque de leur composition au VIe siècle mais en réalité ils datent des VIe et XIIe siècles, époque qui est celle des manuscrits originaux. Huit sont attribués à Myrddin, et c'est dans un Dialogue entre Myrddin et Taliessin qu'il est question pour la première fois de Merlin, comme d'un personnage légendaire ; ce dialogue se rapporte à une bataille engagée au VIe siècle, ce qui permet de penser que ce chant est antérieur aux autres.

C'est ainsi que Robert de Boron rattache son Merlin à l'Histoire du Graal. Merlin, conçu par un démon et une vierge, doit à l'innocence de sa mère qui l'a consacré à Dieu, d'avoir la même connaissance que le démon, du passé et de l'avenir et ce privilège, il le met au service de la bonne cause, celle du roi Arthur. Le roman est encombré d'aventures extraordinaires et de prophéties. Il raconte l'enfance de Merlin, ses exploits à la Cour du roi Arthur, lequel fonde l'Ordre des Chevaliers de la Table Ronde, sa retraite dans les bois, et sa rencontre avec Viviane, la fée du lieu. Séduit par la beauté de Viviane, il lui enseigne tous ses secrets, ce dont Viviane profite pour l'assujettir et pour l'enfermer dans un tombeau de verre. De là, il fait au monde ses dernières prophéties, prisonnier désormais jusqu'au jour du jugement. Dans ce roman, Merlin a toutes les apparences d'un chevalier courtois, doué d'une clairvoyance maligne et surprenante ; partagé entre le divin et le démoniaque, il opte en fin de compte pour la bonté et l'intelligence. L'histoire des amours de Merlin et de Viviane a été faite également dans un récit anonyme plein de grâce : La Dame du lac , repris au XIXe siècle par Walter Scott.
Le nom et la légende de Merlin se répandirent largement on en peut trouver des réminiscences dans toute la littérature européenne, et de façon plus particulière, dans les romans de chevalerie. Le Roland furieux de l'Arioste renferme un passage où Merlin fait à Bradamante des prédictions sur la famille d'Este. Le Don Quichotte de Cervantès montre en lui un enchanteur et un prophète plein de sagesse.
En 1860, Edgar Quinet fit paraître un Merlin l'Enchanteur qui emprunte à la légende ses principaux éléments et cherche à en tirer des symboles nouveaux et capables d'une plus grande résonance, en accentuant le contraste entre le monde visible et le monde invisible.
Plus tard, J. Boulanger écrivit une Histoire de Merlin l'Enchanteur (1922).

En Allemagne, le poème dramatique de Karl Immerman (Merlin, 1832) surpassa en audace tout ce qui avait été conçu à ce sujet. Immerman fait naître l'enchanteur de Satan et de la Vierge Marie, et il est destiné par son père à faire échec à l'œuvre du Sauveur par sa mère à contribuer au salut du Monde. Par ailleurs, Dorothée Schlegel donna un autre Merlin (1804) compris dans un recueil de poèmes romantiques. Il faut également retenir le Merlin de Calédonie que publia au XIIIe siècle, en latin, un poète anonyme anglais, et les Idylles du roi  de Tenysson, qui relatent l'épisode de Viviane. Enfin l'Espagne contribua, elle aussi, à perpétuer la légende avec El Baladro del sabio Merlin (XVe siècle) et El Baladro (XVIe siècle) écrit en castillan.

❖ Filiation
? Le Diable
MERLIN
Epouse* / amante Enfants
Viviane  
❖ Bibliographie

Quelques autres livres pour approfondir ce sujet.


04-Jan-2021
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