Époque gréco-romaine

La conquête d'Alexandre ne marque nullement la fin de l'art égyptien. Celui-ci se perpétue après l'instauration de la dynastie des Lagides, d'origine macédonienne, en 306 avant notre ère.

On admet, en revanche, que la civilisation égyptienne cesse d'exister en 392 de notre ère, lorsque Théodose proclame des mesures sévères contre le paganisme en Egypte.

Époque gréco-romaine.

Cependant, l'art de l'Egypte hellénistique et romaine est devenu hybride, combinant des apports extérieurs qui avaient d'ailleurs commencé à se faire sentir dès la dynastie sàite.

Stèle du roi-serpent
Portrait sur un sarcophage

L'architecture connaît une remarquable éclosion à l'époque ptolémaïque. Chaque partie du temple (cour, salles hypostyles, saint des saints) est délimitée plus nettement ou possède même, comme à Kom-Ombo, son enceinte propre. Les façades du vestibule (pronaos) donnant sur la cour ont des colonnes reliées jusqu'à mi-hauteur par des murs-écrans couverts d'inscriptions et de reliefs. Enfin, près du temple principal est édifié un petit sanctuaire annexe qu'on a appelé mammisi, ou « temple de la naissance » : la déesse locale était censée s'y retirer pour enfanter le troisième personnage de la triade divine, auquel était identifié le roi.
Le temple d'Horus à Edfou, édifié par les Ptolémées de 237 à 150 avant notre ère, est le mieux conservé d'Egypte et le plus vaste après Karnak; dépassant un immense pylône, on accède à une grande cour à portiques au fond de laquelle la façade du temple est rythmée par six colonnes que relient des murs-écrans; deux salles hypostyles lui font suite; enfin, deux vestibules précèdent le saint des saints, entouré de chapelles. Le mammisi, situé à l'avant de l'entrée du temple, se compose de deux chambres entourées d'un péristyle, dont les piliers sont surmontés de têtes de Bès, dieu de l'amour, de la danse et protecteur des accouchements. Le grand temple d'Hathor à Dendérah, oeuvre des derniers Ptolémées poursuivie par l'empereur Auguste, est, comme celui d'Edfou, le type accompli du temple de Basse Epoque.
Le premier, Nectanebo édifia un temple sur l'île de Philae. Mais ce sont les souverains lagides et les empereurs romains qui firent de cette petite île le joyau d'architecture que l'on espère sauver des eaux du haut barrage d'Assouan. Le grand temple d'Isis édifié par les Ptoléméen est précédé d'un pylône derrière lequel se trouve le mammisi constitué par trois pièces en enfilade entourées d'un portique. On remarque encore dans l'île le temple d'Hathor, commencé par les Ptolémées et continué par Auguste, le charmant kiosque de Trajan et une chapelle élevée sans doute par les Antonins. Plus au sud, en Nubie, l'influence de l'art romain est sensible dans les temples de Kalabchah, Debod, Dendour, Dakkeh. A côté de ces monuments traditionnels, on trouve des édifices de conception gréco-romaine, même s'ils comportent des éléments égyptiens, comme au dromos du Serapeum de Saqqarah ou au petit Iseum de Louqsor.
L'architecture funéraire, peu étudiée jusqu'ici, semble plus hybride encore. Certes, la belle tombe de Petosiris à Tounah el-Gebel, datant de la fin du IVe s. avant notre ère, est de conception purement égyptienne, mais il n'en va plus de même pour le reste de cette nécropole de la ville d'Hermopolis. En ce qui concerne les hypogées des nécropoles d'Alexandrie comme ceux du quartier de Kûm al-Chagàfa, remontant aux Antonins ou aux Sévères, leur plan ne doit plus rien à l'Egypte pharaonique.
La statuaire combine également les éléments classiques et égyptiens en un amalgame souvent malheureux. Les représentations des divinités isiaques sont particulièrement typiques de ce style hybride; malgré leurs emprunts à l'Egypte, elles relèvent plutôt de l'art classique.
Le relief suit la même évolution, mais de façon plus accusée. Au début de l'époque ptolémaïque, la décoration de l'Iseum de Béhbet el-Hagar se poursuit dans la 'meilleure tradition égyptienne. Mais l'élégance tend vers une certaine afféterie, et le travail en méplat des époques antérieures est abandonné pour des modelés trop accusés. Les reliefs accompagnés d'inscriptions envahissent les murs des temples. Les thèmes sont exclusivement religieux ou mythologiques : c'est un précieux conservatoire de tout ce qu'a élaboré la pensée théologique égyptienne depuis ses origines.
Dans les nécropoles d'Alexandrie, la décoration se fait hybride, combinant des thèmes syncrétiques. Plus originaux sont les portraits sur bois de l'époque romaine qui ont été retrouvés dans la région du Fayoum, fixés sur les cercueils des momies; tous ont en commun des couleurs chaudes et un regard qui fixe l'éternité.

Lorsque l'Empire romain d'Orient se sépara de l'Empire d'Occident, la civilisation égyptienne avait déjà cessé d'exister. Si l'art pharaonique avait su composer d'une certaine façon avec le monde classique, la victoire de la religion nouvelle, le christianisme , n'avait pu qu'être fatale à cet art si original qui, durant trois millénaires, était demeuré consubstantiel à son pharaon et à ses dieux.

 

❖ Bibliographie

Quelques livres de librairie pour approfondir le sujet.

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