Basse époque

L'art de la basse epoque jusqu'en 332 avant notre ère.
A la mort de Ramsès XI, le pays retomba dans sa bipartition originelle : des rois-prêtres régnèrent dans le Delta, tandis que les grands prêtres d'Amon, souvent parés du cartouche de pharaon, présidaient à Thèbes aux destinées de la Haute-Egypte. L'activité architecturale est restreinte sous les XXIe et XXIIe dynasties. A Thèbes, on se contente de restaurer les anciens monuments. Les fouilles effectuées avant la Seconde Guerre mondiale ont permis de mettre au jour, à Tanis*, une partie des sépultures royales de l'époque, qui témoignent de l'appauvrissement général et du déclin artistique.

Avec la conquête de l'Egypte par les souverains de la XXVe dynastie dite « éthiopienne», venus du Soudan, c'est, à la fin du Ville s. avant notre ère, le renouveau : fort pieux, les rois couchites (koushites) ont laissé les témoignages de leur activité tant dans leur capitale de Napata (près de la quatrième cataracte) qu'à Thèbes. Taharka fit dresser des colonnades-propylées aux quatre points cardinaux de Karnak.
La statuaire de la XXVe dynastie s'inspire des grandes oeuvres de l'Ancien et du Moyen Empire. Certaines représentations de Taharka et de Montouemhat, le puissant préfet de la ville, sont d'une vigueur étonnante, tandis que les Divines Adoratrices, les Aménirdis et les Chepenoupet, présentent des images d'une élégante dignité. Il y a là des recherches de réalisme, à côté d'une tendance à l'archaïsme qui marque toute la Basse Epoque, en particulier l'art saïte.
La XXVIe dynastie, originaire de Saïs, complète la renaissance éthiopienne. Bien peu a subsisté des constructions du Delta. Dans la nécropole thébaine, le quartier de l'Assassif se creuse de multiples galeries; de puissantes superstructures de briques crues dominent des cours dont les murs s'ornent d'élégants reliefs. A côté de froides copies d'oeuvres antérieures, la statuaire saïte se signale par de très beaux portraits sculptés dans des pierres dures, d'un poli extrêmement poussé; particulièrement attachantes sont des têtes de prêtres, au crâne rasé, au visage grave et méditatif. La foi de l'ancienne Egypte se figeant en ce qu'elle avait de plus original, tel le culte des animaux sacrés, l'art animalier reste très vivace : statues de lions à la musculature puissante, de chiens, de chats, d'ibis ou de faucons, où le réalisme s'allie à un certain hiératisme.
Les deux dernières dynasties indigènes connurent un développement artistique qui indique que la sève égyptienne était loin d'être épuisée. Les Nectanebo de la XXXe dynastie, féaux de la déesse Isis et originaires de Sebennytos, ont procédé à de nombreuses constructions jusque dans l'île lointaine de Philae. Les cités du Delta, surtout, ont profité de leurs largesses : Memphis, Saïs, Tanis, Mendès, Sebennytos avec l'Iseum de Béhbet el-Hagar, où les reliefs sculptés dans le granite sont d'une vigoureuse élégance.

 

❖ Bibliographie

Quelques livres de librairie pour approfondir le sujet.

Bibliothèque virtuelle
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