Jéricho

Jéricho est, selon le récit biblique du livre de Josué (6; 1-27), la première ville du pays de Canaan conquise par Josué et les Hébreux.

Les sept trompettes de Jéricho
James Jacques Joseph TISSOT (c. 1900)

Le livre de Josué relate la prise de Jéricho. Josué envoya d'abord des espions à Jéricho qui découvrirent que la ville avait peur d'Israël et de son dieu. Ces deux espions avaient été sauvé par Rahab qui avait menti aux soldats partis à leur recherche. Elle leur avait ensuite indiqué un endroit de la montagne qui ne serait pas fouillé. En remerciement les deux espions lui dirent d'attacher un fil rouge à sa fenêtre pour que tous les habitants de sa maison soient épargnés.

Sept prêtres hébreux sonnant sept chofars (trompettes en corne de bélier) et l'Arche d'alliance défilèrent autour de l'enceinte de la ville pendant six jours et le septième jour après leur arrivée, les hébreux poussèrent un grand cri et les murailles de Jéricho s'effondrèrent par la volonté de l'Eternel.

Rahad mettant un tissus rouge à sa fenêtre

Jéricho fut rasée intégralement. La ville et son butin furent alors maudits. Josué déclare : « Maudit soit devant l'Éternel l'homme qui se lèvera pour rebâtir cette ville de Jéricho ! Il en jettera les fondements au prix de son premier-né, et il en posera les portes au prix de son plus jeune fils. » Conformément à la loi divine, les Israélites ne firentt pas d'esclaves ou de pillages, mais ils ont massacré les hommes, les femmes et les enfants de Jéricho, épargnant seulement Rahab, une prostituée cananéenne et sa famille. Plus tard elle devint la femme de Salmôn et la mère de Boaz

Dans le Premier livre des Rois, des siècles plus tard, Hiel de Béthel rebâtit Jericho : « Il en jeta les fondements au prix d'Abiram, son premier-né, et il en posa les portes au prix de Segub, son plus jeune fils, selon la parole que l'Éternel avait dite par Josué, fils de Nun. » (1Rois 16 34)

❖ Texte

Sonnez, sonnez toujours, clairons de la pensée.
Quand Josué rêveur, la tête aux cieux dressée,
Suivi des siens, marchait, et, prophète irrité,
Sonnait de la trompette autour de la cité,
Au premier tour qu’il fit, le roi se mit à rire ;
Au second tour, riant toujours, il lui fit dire
"Crois-tu donc renverser ma ville avec du vent ?"
À la troisième fois l’arche allait en avant,
Puis les trompettes, puis toute l’armée en marche,
Et les petits enfants venaient cracher sur l’arche,
Et, soufflant dans leur trompe, imitaient le clairon ;
Au quatrième tour, bravant les fils d’Aaron,
Entre les vieux créneaux tout brunis par la rouille,
Les femmes s’asseyaient en filant leur quenouille,
Et se moquaient, jetant des pierres aux hébreux ;
À la cinquième fois, sur ces murs ténébreux,
Aveugles et boiteux vinrent, et leurs huées
Raillaient le noir clairon sonnant sous les nuées ;
À la sixième fois, sur sa tour de granit
Si haute qu’au sommet l’aigle faisait son nid,
Si dure que l’éclair l’eût en vain foudroyée,
Le roi revint, riant à gorge déployée,
Et cria : "Ces hébreux sont bons musiciens !"
Autour du roi joyeux riaient tous les anciens
Qui le soir sont assis au temple, et délibèrent.
À la septième fois, les murailles tombèrent.
Victor HUGO

❖ Bibliographie

Quelques livres de librairie pour approfondir le sujet.

Bibliothèque virtuelle
Le grenier de Clio [https://mythologica.fr]