ROME REPUBLICAINE

Les Romains, délivrés du joug étrusque, durent aussitôt faire face aux Latins, que Tarquin avait soulevés à leur tour ; la victoire du lac Régille sauva Rome.
La plèbe, asservie par les patriciens, accablée de dettes, se retira sur le mont Sacré. Elle ne revint qu'après avoir obtenu la création des tribuns de la plèbe, plébéiens eux-mêmes, inviolables et dotés du droit de veto contre tout acte de l'autorité. Ils organisèrent la plèbe en la convoquant par tribus ; l'assemblée tribute joua un rôle prépondérant dans l'histoire intérieure de Rome (-493).

La lutte entre les deux ordres ne cessa que lorsque les tribuns eurent obtenu pour la plèbe l'égalité civile et politique ; il fallut deux cents ans pour y arriver. En -451 à -449, dix citoyens (décemvirs) furent chargés de rédiger un code de lois : ce sont les lois des Douze Tables ;
En -445, les plébéiens, avec le droit d'entrer par mariage dans les familles patriciennes, obtinrent l'égalité civile.
En -421, la questure devint accessible à la plèbe.
En -367, on décida que l'un des deux consuls serait toujours pris parmi les plébéiens ; mais c'était un consulat diminué puisque les patriciens avaient oté de la fonction la censure, puis la préture, puis l'édilité curule (police), toutes inaccessibles à la plèbe.
Peu à peu, celle-ci arriva toutefois à obtenir le partage de ces magistratures, et même l'accès aux deux collèges des pontifes et des augures (-300).

Rome, la première des villes du Latium, avait autour d'elle de puissants ennemis : les Volsques, les Eques, les Etrusques de Véies. Le danger le plus grand lui vint des Gaulois qui, vainqueurs à la bataille de l'Allia, arrivèrent sous les murs de la ville. Ils ne purent s'emparer de la forteresse, mais imposèrent aux Romains une paix coûteuse (300-380).
Les peuples voisins reprirent les armes ; après bien des efforts, Rome parvint à maintenir sa prépondérance dans l'Italie centrale. Elle se heurta alors aux Samnites. Il lui fallut trois guerres pour en triompher (-348 à -341, -328 à -812, -311 à -280).
Les Romains se trouvèrent alors en contact avec l'Italie méridionale. La riche Tarente déclara la guerre, et appela le roi d'Epire, Pyrrhus. La lutte se termina par la victoire de Rome (- 281 à -270) désormais maîtresse de toute l'Italie.

La Sicile était partagée entre trois puissances : Carthage au Sud-Est, Syracuse à l'Est, et les Mamertins au Nord. Ces derniers appelèrent à leur aide les Romains contre Hiéron, tyran de Syracuse. Hiéron s'adressa aux Carthaginois. Traversée des Alpes par Hannibal et ses éléphants De là, les guerres puniques dont la dernière se termina en -140 par la destruction de Carthage. Les Romains devenaient maîtres de la Méditerranée occidentale ; une partie de l'Afrique, l'Espagne, le sud de la Gaule, constituaient des provinces romaines.
C'est vers l'Est qu'allaient se porter maintenant les efforts de Rome. Les progrès de Philippe de Macédoine devenant inquiétants, elle lui déclara la guerre. Après des campagnes indécises, le roi macédonien, vaincu à Cynoscéphales (-197), perdit son hégémonie : Flamininus proclama la liberté de la Grèce.
Le roi de Syrie, Antiochus, trop puissant en Asie, fut battu à Magnésie (-190), et fut forcé d'abandonner l'Asie Mineure. Mais il était impossible de s'arrêter à des demi-mesures. Après une nouvelle lutte avec Persée, successeur de Philippe, la Macédoine et la Grèce ensuite furent réduites en provinces romaines (-146).
Mais l'hellénisme prit sa revanche, en colonisant l'Italie puisque les dieux de la Grèce, sa littérature, sa philosophie, son art reçurent droit de cité à Rome.

Italie sous la république romaine (III siècle)

Ces guerres avaient fait à peu près disparaître la classe moyenne, ruinée, victime de l'usure et de l'avidité des nobles ; il ne restait en présence qu'une noblesse, divisée en ordre sénatorial et ordre équestre, et un prolétariat misérable.
Pour reconstituer la moyenne propriété, les Gracques essayèrent de faire voter leurs lois agraires. Leurs tentatives furent le début de luttes intérieures qui ne prirent fin qu'avec l'avènement du régime impérial.

L'aristocratie sénatoriale, redevenue toute-puissante, vit se dresser contre elle Marius, vainqueur de Jugurtha roi de Numidie (-104), des Cimbres et des Teutons, qui avaient envahi la Gaule et l'Italie (batailles d'Aix, -102 ; de Verceil, -101) ; entouré de gloire, il devint maître absolu, entreprit des réformes. La plus importante fut d'admettre dans la légion tous les prolétaires, révolution qui acheminait vers l'établissement d'une armée permanente et mettait à sa disposition des généraux, des soldats prêts à tout, s'ils y trouvaient leur profit. De plus, il se laissa entraîner par deux agitateurs : Saturninus, tribun, et Glaucia, préteur, Mais leurs violences devinrent telles, qu'il dut s'opposer à leurs desseins. Des troubles éclatèrent et il fut contraint de quitter Rome.

Après son départ, le tribun Livius Drusus essaya de réconcilier sénateurs et chevaliers, et de renouveler la plèbe en obtenant pour les Italiens le droit de cité romaine. Il fut assassiné. Les Italiens se soulevèrent (Guerre sociale, -90 à -88). La répression fut énergique, mais le Sénat eut l'habileté d'accorder aux vaincus l'essentiel de ce qu'ils demandaient : tous les citoyens de l'Italie seraient citoyens romains.

A ce moment, Mithridate, roi du Pont, avait soulevé contre Rome la province d'Asie, et envoyé des troupes jusqu'en Grèce. Sylla et Marius souhaitaient le commandement en chef : Sylla l'obtint, prit Athènes, remporta les victoires de Chéronée et d'Orchomène, puis passa en Asie, où Mithridate demanda la paix. Mais, en son absence, Marius revenu à Rome avait tiré vengeance de ses ennemis. Il mourut en -86. Pendant trois ans encore, le parti démagogique se livra à tous les excès. Sylla n'hésita pas à le combattre (-83 à -82). Vainqueur, il se montra impitoyable. Armé du titre de " dictateur ", il proscrivit ou fit, tuer tous ses ennemis ; ses partisans se partagèrent les dépouilles des bannis et des morts. Après quoi, il réforma la Constitution en faveur de l'oligarchie sénatoriale : les sénateurs devinrent inamovibles ; l'ordre équestre perdit ses privilèges ; les Assemblées du peuple et du tribunat furent restreintes. Puis Sylla abdiqua et mourut à Cumes, deux ans après (-78).

Son oeuvre lui survécut peu. Pompée et Crassus, consuls en -70, rendirent aux chevaliers leurs privilèges, et au peuple sa puissance. Le premier, par ses succès sur les pirates, sur Mithridate de nouveau soulevé, sur Tigrane roi d'Arménie, acquit un immense prestige. Mais le Sénat lui refusa, à son retour, le consulat, et ne voulut pas ratifier en bloc ce qu'il avait fait en Asie. Il se tourna alors vers le parti démocratique, à la tête duquel était un neveu de Marius, Jules César : un pacte fut conclu entre celui-ci, Pompée et Crassus (1er triumvirat). A César, nommé consul, le peuple décerna pour cinq ans le gouvernement de la Gaule, et le nouveau consul quitta l'Italie en -58.
César Aussitôt commença la guerre des Gaules, qui se termina par la soumission de tout le pays (-51). Cependant, Crassus se faisait tuer dans une expédition contre les Parthes (-58), et Pompée acquérait à Rome, en raison des excès de Clodius et de Milon, une puissance discrétionnaire. César aspirait, lui aussi, à devenir le maître. La guerre civile éclata : César passa le Rubicon, et entra en Italie. Pompée transporta son quartier général en Epire; vaincu à Pharsale, il fut assassiné comme il débarquait en Egypte. Le reste de ses troupes fut défait : en Afrique, à Thapsus, et en Espagne, à Munda.

César, nommé dictateur à vie et censeur, se vit conférer des honneurs extraordinaires. Ses ennemis l'accusèrent d'aspirer à la royauté, et formèrent un complot contre lui dont Brutus en était l'âme; César fut assassiné en plein Sénat, le 15 mars -44.
Antoine, alors consul, s'empara du gouvernement, mais vit se dresser contre lui le jeune Octave, neveu, fils adoptif et héritier de César, et essuya un échec complet sous les murs de Modène. Le Sénat refusa au vainqueur les honneurs qu'il sollicitait en échange de son succès ; cette maladresse amena une entente entre les deux ennemis et Lépide (second triumvirat). Des proscriptions s'ensuivirent ; Cicéron fut mis à mort ; Brutus et Cassius, défaits à Philippes, se tuèrent. Les triumvirs se brouillèrent. Un instant réconciliés par la paix de Brindes, ils ne tardèrent pas à engager la lutte suprême. Lépide fut écarté ; Antoine, séduit par les charmes de la reine d'Egypte, Cléopâtre, prétendit constituer un royaume oriental au profit des enfants de cette reine, et, dépouillé de ses dignités par les Romains indignés, marcha pour elle contre Octave. La bataille d'Actium (-31) donna l'empire à son rival alors Antoine se tua.

❖ Bibliographie

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