Agriculture
foulage
Foulage des épis par des boeufs

De tout temps, l'agriculture fut au centre de l'économie de l'ancienne Egypte. Lorsqu'il fut possible d'assurer un rendement agricole excédentaire, une partie de la population put être enfin distraite de la production des denrées alimentaires et assignée à d'autres fonctions, comme l'artisanat et l'administration. L'activité agricole la plus importante était le travail de la terre. Après l'inondation annuelle, on devait tout d'abord arpenter à nouveau les champs, car l'eau en avait détruit les bornes.

Arpantage du champ
Arpentage d'un champ; Tombe de Ménéna à Thèbes, XVIII dynastie

C'est pourquoi, dès le retrait des eaux du Nil, apparaissait une équipe de fonctionnaires du cadastre qui, en se fiant aux enregistrements antérieurs, marquaient à nouveau les limites des terres. Alors pouvait commencer le travail du sol proprement dit, pour lequel on utilisa très tôt la charrue de bois tirée par des bœufs. L'association de la force de travail animale à celle de l'homme peut être considérée comme caractéristique d'un haut niveau de civilisation. Les semences étaient fournies aux paysans par les magasins d'Etat.

Après les semailles, hommes et femmes prodiguaient ensemble leurs soins aux champs. En général, les hommes se chargeaient des travaux physiquement les plus lourds, comme la construction des systèmes d'irrigation. Il existait donc une division du travail entre les sexes, comme cela se remarque aussi dans d'autres civilisations.

La récolte incombait essentiellement aux hommes, tandis que les femmes glanaient les épis et d'autres produits des champs. On reconnait les femmes à leur carnation plus claire que celle des hommes. Les méthodes de travail étaient fort simples et ne subirent aucune modification importante jusqu'à la conquête grecque. Après la récolte, les paysans transportaient les épis sur l'aire, où ils étaient foulés par des bœufs. Lorsque la balle avait été séparée du grain, celui-ci était placé dans des sacs et convoyé par bateau vers des granges appropriées. Là, les fonctionnaires en contrôlaient en premier lieu la quantité.

moisson
Moisson; Tombe de Ménéna (TT69) à Thèbes, XVIII dynastie

Puis, le grain était ensilé jusqu'au moment où on devait le confier à la meule pour la suite du traitement. Les semences pour l'année suivante étaient mises de côté par les agents des entrepôts. A l'époque des semailles, elles étaient réparties entre les paysans en fonction de la superficie de leurs champs respectifs.

Toutes ces opérations étaient menées à bien par plusieurs personnes travaillant de concert: ainsi vivait-on ce qu'on pourrait appeler une « coopération naturelle ».Chaque phase du travail était surveillée par les fonctionnaires compétents qui consignaient dans de longues listes le rendement de l'équipe et de chacun en particulier. Dans l'ancienne Egypte, les paysans et les artisans devaient atteindre des normes de production préétablies.

Une des préoccupations importantes du fonctionnaire contrôleur était de veiller à ce que les normes soient dépassées dans le secteur dont il avait la charge, de façon à pouvoir livrer à la centrale plus qu'il n'était requis. Par là, il était certain de s'attirer les bonnes grâces de son supérieur, voire du roi, même si pour cela les paysans étaient frustrés du produit de leur travail.

Le travail communautaire était également habituel dans d'autres domaines de la production agroalimentaire.
En ce qui concerne la pêche, à côté des méthodes courantes comme la pêche à la ligne ou au filet, la capture des poissons à la seine est aussi attestée. Elle exigeait la coopération de nombreux pêcheurs, mais elle permettait des prises de loin plus fructueuses.
Le poisson était la nourriture principale, particulièrement des gens du commun, car la viande était si chère qu'on n'en distribuait au peuple qu'en de rares occasions.
Outre les paysans et les pêcheurs, il y eut très tôt en Egypte tout un éventail de métiers spécialisés dans la production de denrées alimentaires.

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Mesure du blé récolté; Tombe de Ménéna à Thèbes, XVIII dynastie

Dès les débuts de l'Ancien Empire, on connaît des apiculteurs, des boulangers, des brasseurs, des maraîchers, des cultivateurs de dattiers et de figuiers, des éleveurs et, non les moins importants, des vignerons. L'organisation de l'Etat égyptien entraîna une différenciation poussée des professions, le début d'une véritable spécialisation.

La viticulture fut pratiquée dès les plus hautes époques dans le Delta. Naturellement, le vin fut toujours un produit de luxe réservé aux classes élevées de la population. Les gens du commun devaient se contenter de bière. Le vin était livré au consommateur dans de grandes amphores. Dans chaque palais ou dans chaque temple, les fouilles ont permis de retrouver des restes d'innombrables cruches à vin qui, très souvent, portaient une inscription. Y étaient renseignés la qualité du produit, son origine, son millésime et aussi le nom du vigneron et du propriétaire du vignoble.
On peut donc dire que, dans l'ancienne Egypte, la production des denrées alimentaires était extraordinairement organisée. Chaque étape du travail et la coopération des différents spécialistes, ainsi que le rendement, étaient minutieusement supervisés par le fonctionnaire compétent. Ainsi, on était sûr d'utiliser au maximum les richesses naturelles de la vallée du Nil et la puissance de travail de ses habitants. La production excédentaire garantie par l'agriculture fut à la base des réalisations de l'antique civilisation pharaonique.

❖ Arts

Les tombes sont largement illustrées de scènes de la vie aux champs

Pêche
Pêche; Mastaba de Niânkhkhnoum, V dynastie
Vendanges
Vendanges; Tombe de Nakht XVIII dynastie
epis
Transport des épis
tandis que les femmes glanent

 

❖ Bibliographie

Quelques autres livres pour approfondir ce sujet.


04-Jan-2021
https://mythologica.fr