Cerberus

Cerberus ou Naberius est un démon. Wiérus le met au nombre des marquis de l’empire infernal.

Cerberus

Il est fort et puissant ; il se montre, quand il n’a pas ses trois têtes de chien, sous la forme d’un corbeau ; sa voix est rauque : néanmoins il donne l’éloquence et l’amabilité ; il enseigne les beaux-arts.

Dix-neuf légions lui obéissent.

On voit que ce n’est plus là le Cerbère des anciens, ce redoutable chien, portier incorruptible des enfers, appelé aussi la bête aux cent têtes, centiceps bellua, à cause de la multitude de serpents dont ses trois crinières étaient ornées. Hésiode lui donne cinquante têtes de chien ; mais on s’accorde généralement à ne lui en reconnaître que trois. Ses dents étaient noires et tranchantes, et sa morsure causait une prompte mort. On croit que la fable de Cerbère remonte aux Égyptiens, qui faisaient garder les tombeaux par des dogues. Mais c’est principalement ici du démon Cerberus qu’il a fallu nous occuper. En 1586, il fit alliance avec une Picarde nommée Marie Martin.

Il est mentionné au 17e rang dans le Pseudomonarchia Daemonum et au 24e dans le Lemegeton

❖ Affaire Martin

Sceau

Marie Martin était une sorcière du bourg de la Neufville-le-Roi, en Picardie, qui fut arrêtée pour avoir fait mourir des bêtes et des hommes par sortilège ou plutôt par maléfice, car au moins ce mot veut dire mauvaise action. Un magicien qui passait parla la reconnut, et, sur son avis, la sorcière fut rasée. On lui trouva la marque du diable, ayant l’empreinte d’une patte de chat. Elle dit au juge qu’elle se reconnaissait coupable. Traduite à la prévôté, elle avoua qu’elle était sorcière, qu’elle jetait des sorts au moyen d’une poudre composée d’ossements de trépassés ; que le diable Cerbérus lui parlait ordinairement.

Elle nomma les personnes qu’elle avait ensorcelées et les chevaux qu’elle avait maléficiés. Elle dit encore que, pour plaire à Cerbérus, elle n’allait pas à la messe deux jours avant de jeter ses sorts ; elle conta qu’elle était allée au chapitre tenu par Cerbérus, et qu’elle y avait été conduite la première fois par Louise Morel, sa tante. Dans son second interrogatoire, elle déclara que la dernière fois qu’elle était allée au sabbat c’était à Varipon, près Noyon ; que Cerbérus, vêtu d’une courte robe noire, ayant une barbe noire, coiffé d’un chapeau à forme haute, tenait son chapitre près des haies dudit Varipon, et qu’il appelait là par leurs noms les sorciers et les sorcières. Elle fut condamnée par le conseil de la ville de Montdidier à être pendue, le 2 juin 1586. Elle en appela au parlement de Paris, qui rejeta le pourvoi. Son exécution eut lieu le 25 juillet même année. (M. Garinet, Hist. de la magie en France, p. 446.)

Sources : Le dictionnaire infernal de Collin du Plancy, 1863

❖ Bibliographie

Quelques livres de librairie pour approfondir le sujet.

Bibliothèque virtuelle
Le grenier de Clio [https://mythologica.fr]