Daniel

Daniel le prophète était d'une naissance illustre, et même, selon Josèphe (Antiq. 10, 10), il appartenait à la famille royale et descendait directement d'Ezéchias (2 Rois 20, 18).

Suzanne devant Daniel
Valentin de Boulogne c. 1625

Très jeune encore, il fut emmené captif en Chaldée, après la prise de Jérusalem par Nébucadnetsar, la quatrième année de Jéhojakim. Il fut élevé avec trois autres de ses compatriotes et compagnons d'âge, Ananias, Azarias et Misaël, pour le service de la cour, et reçut le nom de  Beltshatsar, (Dan. 1, 7. 2, 26).

Suzanne, une très belle femme pieuse, est mariée au riche babylonien Joakim. Alors qu'elle se baigne dans son jardin elle est abordée par deux vieux juges qui la soumettent à un chantage à l'adultère pour avoir ses faveurs. Alors qu'elle est conduite à la mort, Daniel, encore adolescent, prouve que le témoignage des deux vieillards était faux, ceux-ci sont condamnés à mort et Suzanne est lavée de tout soupçon d’adultère. ( lire le texte biblique)

❖ Fournaise

Il se distingua par ses abstinences et sa fidélité, refusa de se souiller en goûtant des mets qui lui étaient défendus par la loi de Moïse, et commença, au bout de trois années de préparation, son service auprès du monarque. Les quatre jeunes gens ne tardèrent pas à gagner la confiance de leur maître par leur sagesse et leur science admirables ;

❖ Songe
Le songe

Daniel, en particulier, ayant su rappeler au roi un songe remarquable que celui-ci avait fait et qu'il avait entièrement oublié, et lui en ayant en même temps donné l'interprétation, devint l'objet d'une haute considération et fut élevé à la dignité d'inspecteur de la caste des mages, (2, 46), charge qu'il paraît avoir perdue cependant sous l'un des successeurs de Nébucadnetsar, et qu'il n'exerçait plus sous Belschatsar , (5, 10-16).
C'est revêtu de ce titre nouveau qu'il fut appelé auprès du roi pour lui expliquer un second songe , mais personnel à Nébucadnetsar, et plus terrible que le premier; il lui annonça qu'il serait , pendant un certain nombre d'années, réduit à l'état de bête sauvage. Puis, pendant deux ou trois règnes, ceux d'Evil-Mérodac, de Nériglissar et de Laborosoarcho, Daniel disparaît de la scène : les armes de Cyrus remplissent déjà l'Asie, sa renommée est portée sur toutes les bouches, ici la crainte, là l'espérance. Daniel, qui sait la succession des monarchies et le renversement de Babylone par la puissance médo-perse, Daniel qui sait que la fin de la captivité, que le terme des soixante et dix années approche , Daniel enfin qui se rappelle que c'est un guerrier du nom de Cyrus qui doit présider au retour des Juifs dans leur pays, dire à Jérusalem : sois rebâtie, et à son temple : sois refondé, Daniel attend dans le silence le développement et l'accomplissement de ces faits dont aucun autre peut-être n'a la clef.

❖ Mots sur la muraille.
Le festin de Balthazar
REMBRANDT

Puis, une nuit, pendant que Balthazar est dans la salle du festin, Cyrus marche dans le lit du fleuve mis à sec, et l'ange écrit sur la muraille du festin des mots mystérieux et redoutables. Après avoir inutilement consulté les mages et les devins locaux, Balthazar mande le prophète hébreu. Daniel apparaît;
« Voici mot à mot ce qui est écrit là : « MENE, MENE, TEKEL, et PARSIN »
Il donne l’explication de ces mots qui en fait sont des unités de mesure
MENÉ: Dieu a compté les jours de ton règne et il y a mis fin.
TEKEL: tu as été pesé dans la balance et trouvé sans valeur.
PARSÎN: ton royaume a été divisé.
Ses paroles sont sévères; il parle à un roi puissant, mais qui n'a plus que peu d'heures à vivre; il lui reproche ses crimes et lui déclare que le moment de la vengeance est arrivé : bien loin de profiter de l'expérience de ses pères, il a résisté au vrai Dieu, il s'en est détourné, il a foulé aux pieds les choses saintes; les coupes et les vases sacrés du temple de Jérusalem sont encore là, sur la table, pleins de vin, destinés à passer par les lèvres des courtisans et des concubines royales.
Frappé de terreur, et voulant essayer peut-être de parer le coup fatal en s'amendant à la hâte, Belschatsar  fait revêtir Daniel d'écarlate, lui met un collier d'or au cou, et le déclare le troisième du royaume. C'était trop tard. Darius le Mède, grand oncle de Belschatsar , et pour qui Cyrus avait fait cette conquête, s'empara du royaume; il continua d'avoir pour Daniel le même respect et la même considération que lui avaient témoignée ses prédécesseurs, il établit cent vingt satrapes dans le pays, au-dessus d'eux trois gouverneurs, et Daniel comme leur chef. Darius fut le sixième roi que Daniel fut appelé à servir d'une manière ou de l'autre dans l'administration; il servit encore plus tard sous Cyrus, (Dan. 6, 28).

❖ Lions
Daniel dans la fosse aux lions
Briton RIVIERE (1890)

Cependant l'envie et la malveillance ne dormaient pas : la religion fut le moyen que l'on mit en avant pour perdre Daniel ; on arracha à Darius un édit par lequel tout homme qui, pendant trente jours, adresserait des prières à une autre divinité qu'au roi lui-même, serait jeté aux lions. Daniel, qui n'a jamais fait étalage de piété, ne craint point non plus de montrer sa foi; il doit l'exemple à ses coreligionnaires, il doit les soutenir dans ce combat entre les dieux de Darius et Jehova : sa position l'y oblige ; s'il cède, tous céderont, s'il persévère dans le bien, tous y persévèreront. Aussi, trois fois le jour il ouvre sa fenêtre du côté de Jérusalem, se met à genoux, prie et célèbre son Dieu comme il faisait auparavant. Découvert, accusé, condamné malgré le roi que sa parole engage, on le descend dans la fosse aux lions; mais ces animaux affamés respectent l'oint de l'Eternel, et quand, au jour suivant, Darius, qui croit au Dieu de Daniel, s'approche avec une vague et faible espérance de trouver son ami vivant, Daniel lui répond : O roi, vis éternellement. Mon Dieu a envoyé son ange, et a fermé la gueule des lions, tellement qu'ils ne m'ont fait aucun mal, parce que j'ai été trouvé innocent devant lui : et même à ton égard, ô roi, je n'ai commis aucune faute. Daniel sort du tombeau triomphant; ses ennemis, qu'on y jette avec leurs femmes et leurs enfants, sont dévorés « avant même qu'ils soient parvenus au bas de la fosse. » ( lire le texte biblique)

Le prophète reprend dans l'empire son rang et son autorité, (Dan. 6, 11); c'est en grande partie à son influence qu'il faut attribuer la permission donnée aux Juifs de retourner dans leur patrie. Lui-même resta à la cour, surveillant jusqu'à sa mort les intérêts du règne de son divin maître, et mourut, à ce que l'on peut croire, âgé d'au moins quatre-vingt-dix ans, quelques années après l'avènement de Cyrus.

❖ Bibliographie

Quelques livres de librairie pour approfondir le sujet.

Bibliothèque virtuelle
Le grenier de Clio [https://mythologica.fr]