DIYU

« Je vous ordonne avec l'aide des gardes infernaux de vous emparer des fantômes pernicieux ». Cette phrase rituelle de protection contre les esprits qu'on trouve dans l'opéra « Mulian ou la descente aux enfers », est obligatoire si vous voulez visiter en toute sérénité l'Enfers de la mythologie chinoise le Diyu ou Di-Yu.

L'Enfer est un mélange de Taoïsme et plus spécialement de Bouddhisme: il existe 18 Enfers, répartis entre 10 tribunaux dont ils dépendent, et présidés par des Rois: le 1er examine les actes de la vie passée du mort et selon, l'envoie vers le tribunal adéquat (8 sont chargés de châtier les âmes criminelles et le dernier est chargé de la Roue de la transmigration). Ces régions infernales sont parcourues par une divinité compatissante et miséricordieuse, le bodhisattva Kchitigarbha, qui peut sauver les âmes pécheresses qui ont recours à lui. Quand elle a passé tous les châtiments correspondants à ses mauvaises actions, l'âme arrive devant le dernier roi qui décide sous quelle forme elle renaîtra après avoir bu le bouillon de l'oubli, qui efface le souvenir des vies antérieures.

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Les trois ponts
L'Enfer forme tout un monde à part, avec ses villes et ses campagnes; on entre dans la ville principale (Fong-Tou) par la porte des Démons (Koei-men-kouan). Cette ville est bordée de l'autre côté par la rivière Naiho, enjambée par trois ponts:
• un en or pour les dieux,
• un en argent pour les hommes vertueux
• un sans garde fous long de plusieurs lieux mais large seulement de quelques empans, pour les âmes sans mérite particulier et pour les criminels.
Les âmes criminelles, comme celles de ceux qui, durant leur vie terrestre, avaient profané des vêtements de couleur pourpre, ou les femmes qui n'avaient pas respecté leurs beaux-parents, celles qui furent dévergondées, malhonnêtes, tombent immanquablement dans les flots qui roulent en dessous et sont immédiatement mordues par des serpents de bronze et les chiens de fer les déchiquètent.
Dans la ville des "Morts par Accident", les âmes sont condamnées à vivre éternellement comme démons affamés, sans possibilité de renaître, sauf si elles trouvent un remplaçant (décédé de la même mort).

PARADIS

Le Paradis qui est un abus de langage se présente de deux manières pour les justes, s'ils ne sont pas réincarnés tout de suite, peuvent aller:

soit à la montagne K'ouen-Louen (qui présente une étroite analogie avec l'Olympe des Grecs: le Palais de l'épouse de l'Auguste de Jade y est entouré de magnifiques jardins acueillant jeux et festins),

soit dans la Terre d'Extrême Félicité de l'Occident, chez le Bouddha Amitâbha (un Eden fermé et embelli de 7 gradins en terrasses, avec 7 rangs d'arbres en pierres précieuses, des étangs au fond d'or et fleuris de lotus...où les bienheureux mènent une existence pieusement réglée).

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