Carthage

Carthage était une colonie des Phéniciens de Tyr, établie près du site de l’actuelle Tunis et qui se constitua un empire maritime en Méditerranée occidentale, avant d’être abattue par les Romains.

Fondation
Reconstitution de Carthage

Au deuxième millénaire avant notre ère, les Phéniciens vivent confinés sur une bande de terre exiguë le long de la côte méditerranéenne, débordant au nord et au sud de l’actuel Liban. Navigateurs émérites, ils se tournent vers l’ouest à la recherche d’or, d’argent, de fer, d’étain et de plomb. En contrepartie, ils échangent du bois (cèdre du Liban), des tissus teints de pourpre, des parfums, du vin, des épices et d’autres objets artisanaux. Au gré de leur expansion vers l’ouest, les Phéniciens fondent des colonies le long des côtes de l’Afrique, de la Sicile, de la Sardaigne et du sud de l’Espagne. La tradition fixe la date de la fondation de Carthage à 814 avant notre ère, soit une soixantaine d’années avant celle de Rome, sa rivale.

Ville célèbre et opulente de l'Afrique du Nord, qui fut d'abord la rivale, puis une colonie de Rome. Elle était située à l'extrémité nord-orientale du Maghreb, au fond du golfe méditerranéen de Tunis, sur la côte est de la petite presqu'île délimitée au N. par la lagune ou Sebkha er-Rouan, et au S. par le lac de Tunis (el Bahira). La colline de Byrsa (aujourd'hui colline Saint-Louis) portait la citadelle de la Carthage punique; les territoires des villages d'El-Keram, de Douar-ech-Chott, de la Malka, de Sidi-bou-Saïd (non loin du cap Carthage et d'El-Marsa) occupent l'emplacement de la ville punique et de la ville romaine. Histoire. Trois villes ont occupé successivement l'emplacement de Carthage. De la première, Cambé, fondée au XVIe siècle avant Notre Ere par les Tyriens, on ne sait à peu près rien. La seconde, célèbre dans l'histoire et l'archéologie, ne contredit pas la légende qui veut qu'elle ait été fondée au IXe siècle par Elissa, surnommée Didon (la Fugitive), qui fuyait la vengeance de son frère Pygmalion, roi de Tyr. De la Numidie à la Cyrénaïque, la colonie couvrit le littoral de ses comptoirs. En 574 Tyr est ruinée, et Carthage hérite de ses possessions. Elle s'empara de la Corse, de la Sardaigne, des îles Baléares, de Malte, et, pendant près de trois cents ans, disputa aux Grecs la suprématie sur la Sicile. Elle l'eût sans doute emporté, si elle ne se fût heurtée à la puissance romaine, lutte pour l'existence où Rome faillit succomber sous les coups d'Annibal. Elle vainquit cependant, et en 146 Scipion passait la charrue sur ce qui fut Carthage. La Constitution de Carthage ressemblait à celle de Rome ; deux suffètes rééligibles et un Sénat y représentaient l'aristocratie, une assemblée populaire l'élément démocratique. Mais l'argent pouvait tout dans cette république mercantile. Elle confiait sa défense à des mercenaires; les factions la déchiraient. Cependant, Carthage eut de la ténacité dans ses entreprises et sut mourir avec héroïsme. On doit à sa flotte, commandée par Hannon, l'exploration des côtes de l'Atlantique, de la Grande-Bretagne au golfe de Guinée (vers 460). La religion de Carthage avait gardé le caractère cruel de certains cultes d'Orient. Les arts furent sans originalité, soumis d'abord à l'influence égyptienne, puis à la grecque. Elle fut essentiellement commerçante, et la civilisation phénicienne ne dépassa guère le littoral. Dès 122, Caïus Gracchus commençait à relever Carthage avec une colonie romaine, mais elle ne reprit son essor qu'avec César et Auguste. La troisième Carthage, capitale de l'Afrique, connut une vie intense jusqu'à l'invasion des Vandales au Ve siècle de notre ère. JCent ans plus tard, Bélisaire reprit la ville et la contrée au nom de Justinien. La domination byzantine fut précaire. Archéologie. De la Carthage punique, presque rien ne subsiste. Le centre en était la colline de Saint-Louis, où s'élevait Byrsa, la citadelle. Il n'est pas certain que les célèbres citernes soient d'origine punique. On a cru longtemps reconnaître dans la double lagune voisine de la mer l'emplacement des ports de guerre et de commerce. La chose est douteuse pour le port de guerre. Des sondages ont paru démontrer que le port de commerce s'étendait en mer entre des jetées. On a récemment déblayé, près de la lagune dite a port de commerce », les restes d'un vaste édifice punique, de destination inconnue. Des lieux de culte, un seul a été reconnu avec certitude. Des poteries contenant des ossements humains et beaucoup de squelettes d'enfants ont confirmé la tradition relative aux sacrifices humains, même sous la domination romaine. On a retrouvé par milliers des stèles portant des ex-voto à Baal-Hammon, à Tanit ; mais la seule exploration vraiment fructueuse a été celle des tombes. Les cimetières délimitent la ville punique et, par leur structure et leur mobilier, fournissent d'importants indices chronologiques.

A l'origine, on déposait le mort à même le sable ; puis on creusa des caveaux à flanc de colline. Le mort, richement paré, entouré d'objets plus ou moins précieux, y était simplement déposé. Plus tard, on le mit dans un sarcophage dont le couvercle, sculpté et peint, offrait l'image du mort. Quelques-uns sont d'une haute valeur artistique. Bien que la Carthage romaine ait servi de carrière, les restes en sont plus abondants. On a reconnu un grand nombre de monuments, exhumé une foule de statues. Le musée du Bardo, et surtout le musée national de Carthage (ex musée Lavigerie), recueillent les objets fournis par les fouilles, et le musée du Louvre en héberge un certain nombre.

❖ Bibliographie

Quelques autres livres pour approfondir ce sujet.


05-Jan-2021
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