Mariage

Quelle que soit la forme du mariage, les cérémonies étaient à peu près identiques.

La cérémonie préalable au mariage était les fiançailles (sponsalia). A l'époque impériale, elles consistent en un engagement réciproque des fiancés devant témoins. Le fiancé passe un anneau à l'annulaire gauche de la jeune fille et lui offre des cadeaux. Aulu-Gelle, Les Nuits Attiques, (X, 10) donne une explication sur le choix de ce doigt, qui selon lui serait directement relié au coeur par un nerf très fin. A la suite de quoi un contrat est établi qui fixe le montant de la dot.

La veille du mariage, la fiancée (sponsa) revêt une tunique droite (tunica recta); ses cheveux sont divisés en six tresses ramenées autour de la tête. Le matin du mariage, tous les parents et invités se réunissent dans la maison de la fiancée, qui porte un voile orangé sur la tête (flammeum);

Primitivement tout au moins, on offrait un sacrifice et on inspectait les entrailles de la victime ; puis avait lieu l'échange des contrats devant témoins ; enfin les époux se donnaient leur consentement, en se joignant les mains (dextrarum junctio). On appelait alors la bénédiction de cinq divinités : Jupiter (garant des engagements), Junon (divinité du Mariage), Vénus (déesse de l'Amour), Fides (divinité de la Loyauté) et Diane (déesse de la Maternité). Dans la confarreatio, les époux offraient un gâteau d'épeautre à Jupiter. Un  repas de noces  mettait un terme à ce premier temps des cérémonies.

Quand l'étoile du berger paraissait dans le ciel, la mariée quittait le domicile paternel, en feignant de redouter ce départ. Les invités l'arrachaient aux bras de sa mère et un cortège joyeux, précédé de porte-torches et de joueurs de flûte, entonnait des chants d'hyménée et lançait toutes sortes de lazzi chargés d'une valeur apotropaïque, pour se diriger vers la maison du mari (deductio ad domum). Parmi les cris poussés il y en avait "A Talassio" qui remontait selon Tite-live à l'enlèvement des Sabines.

Une surtout, remarquable entre toutes par l'éclat de sa beauté, fut enlevée, dit-on, par les gens d'un certain Talassius, et comme tout le monde demandait à qui ils la conduisaient, ils ne cessaient de crier, pour prévenir toute violence :"A Talassio" De là ce cri qu'on pousse aux noces. (Tite-Live, Histoire Romaine, I,9)

Sur le seuil, que la mariée ne doit pas toucher, Les amis du marié la soulèvent pour lui faire franchir le seuil (souvenir de l'enlèvement des Sabines et souci d'éviter un mauvais présage)

Dans l'atrium, son mari qui l'attend, lui présente l'eau et le feu, éléments vitaux et symboliques, et elle prononce ces paroles célèbres : « Ubi tu Gaius, ego Gaia » que l'on traduit : « Où tu seras Gaius, je serai Gaia » mais dont le sens primitif nous échappe. Enfin, elle offre trois pièces de monnaie, une à son mari, la deuxième au lare, la troisième au dieu du carrefour le plus proche.

Certains jours  et certaines périodes de l'année (13-21 février, 1er-15 mars ; mai-15 juin), il était interdit de célébrer des noces : ces temps étaient en effet consacrés à des cérémonies de caractère funéraire ou purificatoire qui auraient  contrarié le rituel nuptial.

Les Romains condamnaient toute manifestation publique de tendresse entre époux. Ainsi comme le raconte Plutarque:

Caton chassa également du sénat Manilius, que l'on s'attendait à voir nommer consul, sous prétexte qu'il avait embrassé sa femme en plein jour sous les yeux de sa fille."Moi, dit-il, ma femme ne m'a jamais enlacé qu'aprés un coup de tonnerre" (Caton l'Ancien, 17, 7)

A Rome, on ne se marie pas souvent par amour mais pour avoir des enfants et accomplir ainsi un devoir religieux et civique. Lucain, dans Pharsale indique que Caton d'Utique, aprés avoir eu avec sa femme, Marcia, trois enfants, avait donné celle-ci à un ami célibataire, le grand orateur Hortensius, afin qu'elle lui donne à son tour des enfants.

❖ Bibliographie

Quelques autres livres pour approfondir ce sujet.


04-Jan-2021
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