Auguste

Caïus-Julius-Caesar-Octavius, né à Rome en 63 avant notre ère, mort à Nole en 14 de notre ère, premier empereur romain, connu d'abord sous le nom d'Octave, était petit-neveu de César.

Désigné par celui-ci comme son héritier, il accourut à Rome aussitôt après la mort de César. C'était un jeune homme de dix-neuf ans, maigre et pâle, peu doué de courage militaire.

Auguste
Auguste

Il n'inspira d'abord pas grande crainte aux deux partis en présence, celui de Marc-Antoine qui se posait en successeur de César, et celui des conjurés et du sénat. Froid et tenace, affectant de n'avoir pas d'ambition politique, il exécuta le testament de son oncle, se rendît populaire en acquittant ses legs, mina Antoine qu'il força à quitter Rome, flatta le sénat, s'appuya sur Cicéron. Celui-ci, moitié par sympathie, moitié par calcul, crut pouvoir se servir de lui contre Antoine. Antoine assiégeait dans Modène le conjuré Décimus Brutus. Octave, nommé propréteur, le contraignit de s'enfuir en Gaule - Cisalpine (-43). Mais Octave ne travaillait pas pour les meurtriers de César. Ayant diminué Antoine, il se rapprocha de lui. Après s'être fait donner le consulat et avoir commencé le procès des assassins de son oncle, il forma avec Antoine et Lépide le second triumvirat. Un plébiscite ratifia leur pouvoir. Ils décimèrent leurs adversaires, et Cicéron fut leur plus noble victime. Antoine et Octave allèrent combattre les républicains qui tenaient la Grèce et la Macédoine. Deux batailles eurent lieu près de Philippes. Cassius se tua après la première, Brutus après la seconde.

Resté en Orient, Antoine commença de se perdre par sa folle passion pour Cléopâtre. En Italie, Octave eut au sujet des terres distribuées à ses vétérans des difficultés qu'exploitèrent les amis d'Antoine. Lucius Antonius, frère d'Antoine, consul en -41, fut chassé de Rome. Agrippa le prit dans Pérouse. La capitulation fut suivie de massacres. Antoine débarqua en Italie, mais on réconcilia les deux rivaux et Antoine épousa Octavie, sœur d'Octave. Les triumvirs se tournèrent contre Sextus Pompée qui tenait l'Espagne et la mer. Il fallut quatre ans pour le battre. Il périt en -35. Les intrigues de Lépide le firent déposer.

Cependant Antoine compromettait en Orient l'honneur et la sécurité de Rome. On ne renouvela pas les pouvoirs expirés d'Antoine et le sénat déclara la guerre à Cléopâtre. La défection de la flotte d'Egypte à la bataille d'Actium détermina le désastre d'Antoine. Octave resta le maître du monde (-30).

Il donna à Rome la tanquilité. La paix régnant partout, Octave après avoir célébré trois triomphes ferma le temple de Janus. En apparence, la forme du gouvernement ne fut pas changée, mais en se faisant donner plusieurs magistratures Octave accumula le pouvoir entre ses mains : il reçut successivement l'imperium pouvoir militaire suprême avec le titre d'imperator et le surnom d'Auguste (Sacré), le tribunat sans limites de temps ni d'espace, la censure, puis le grand pontificat.

Auguste devenu le maître régna avec douceur et accomplit d'importantes réformes. Il s'entoura d'une garde, les prétoriens institua une garde urbaine commandée par un préfet de la ville, des vigiles pour veiller à la sécurité et aux incendies ; un praefectus annonae assuma les approvisionnements de Rome et de l'Italie, un collège spécial les travaux publics.

L'Italie fut réorganisée, le gouvernement des provinces réformé, des postes, des routes facilitèrent les communications ; l'agriculture, les arts, les lettres furent encouragés, la religion protégée. Auguste s'entoura de collaborateurs heureusement choisis.

Il acheva de pacifier l'Espagne et lutta contre les Germains. Sur le Rhin, Varus subit un cruel désastre : trois légions furent massacrées. Tibère contint les Germains sans réussir à venger Varus.

Rome fut transformée, mais Auguste réservait à l'Etat tout le faste; lui-même vivait simplement. A plusieurs reprises, Auguste feignit de vouloir abandonner le pouvoir. Le sénat, interprète de l'opinion publique, s'y refusa.

La vieillesse d'Auguste fut attristée par les deuils. Successivement il vit mourir ceux qu'il jugeait les plus dignes de lui succéder : Marcellus, Agrippa, Drusus. Il dut choisir Tibère qu'il n'aimait pas. Il avait dû exiler pour ses désordres Julie, seul enfant qui lui restât de ses trois mariages. Auguste mourut âge de soixante-seize ans à Nole, en Campanie.
Il n'avait pas souffert que de son vivant on lui élevât des temples, excepté en Orient. Après sa mort, son culte, associé à celui de la déesse Rome, devint le lien religieux de tout l'empire.

❖ Bibliographie

Quelques livres de librairie pour approfondir le sujet.

Bibliothèque virtuelle
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