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En 2002, la presse s'est faite l'écho d'une découverte archéologique extraordinaire concernant l'histoire des cités mayas : la mise à jour d'un des plus longs textes en hiéroglyphes (sur les marches d'un temple maya) racontant l'histoire de l'affrontement des cités de Tikal et de Calakmul pour le contrôle des territoires stratégiques d'une troisième cité, Dos Pilas, colonie de Tikal lors de sa fondation en 629 de Notre Ere Les hiéroglyphes, découverts et traduits par l'équipe du département d'anthropologie de l'université Vanderbilt (Tennessee) dirigée par le professeur Arthur Demarest, racontent la lutte acharnée entre les deux cités, lutte qui verra le frère du souverain de Tikal changer de camp, lutter contre sa propre famille et contribuer ainsi à la défaite finale de Tikal.

Mais plus intéressant, ces documents – qui en confirment d'autres – commencent à jeter un sérieux doute sur les explications "naturalistes" de la disparition des cités mayas. On pensait jusqu'alors que c'était essentiellement des facteurs écologiques qui pouvaient expliquer l'abandon très rapide des cités, et la chute de la civilisation maya entre 830 et 900 de Notre Ere Les hypothèses actuelles sont de plus en plus tournées vers les problèmes de complexification sociale (la difficulté pour des sociétés mayas de maîtriser le fonctionnement de leur propre civilisation urbaine) et vers les échecs des constitutions d'Empires autour de villes puissantes, échecs qui auraient maintenu des états de guerre quasi-permanents entre les cités mayas, entraînant la déstructuration de ces sociétés urbaines et la chute finale de cette civilisation.

Les Mayas parlent des langues diverses appartenant à une même famille linguistique. Ils occupaient au début du XVIe siècle. une aire s'étendant du nord de la péninsule du Yucatan à la côte pacifique du Guatemala, et du Tabasco (Mexique) jusqu'au sud-ouest du Honduras. Leur répartition actuelle est plus limitée: on les trouve principalement concentrés dans les hautes terres du Guatemala et du Chiapas (Mexique) et dans la partie nord du Yucatan. D'après les données actuelles de la linguistique, leur habitat n'a guère varié depuis leur occupation progressive, probablement au cours du lie millénaire et du début du 1er millénaire avant notre ère, de l'aire qu'ils peuplaient encore au XVIe s. C'est vers la fin du lie millénaire que les Huaxtèques se seraient séparés des autres groupes pour s'établir beaucoup plus au nord- ouest, sur la côte du golfe du Mexique, et connaître une évolution culturelle tout à fait distincte de celle des Mayas proprement dits. Les archéologues divisent l'aire maya en trois parties: le nord, correspondant à peu près à la péninsule du Yucatan; le centre, allant de l'Etat du Tabasco au Honduras; et le sud, incluant les hautes terres du Guatemala et du Chiapas ainsi que la côte pacifique du Guatemala.

Un climat tropical humide à courte saison sèche règne sur le centre, domaine par excellence de la grande forêt. Sur la côte pacifique, la saison sèche est plus longue. Au Yucatan, les pluies augmentent du nord au sud, et la pointe nord-ouest de la péninsule est quasi désertique. Dans les hautes terres, divers types de climat et de végétation s'étagent selon l'altitude, depuis les zones tempérées jusqu'aux zones froides

❖ Période prè-classique.

La période préclassique est mal connue. Les premiers villages d'agriculteurs ont été datés de 1500 avant notre ère sur la côte pacifique du Guatemala (La Victoria), d'environ 800 dans les hautes terres du Guatemala (Kaminaljuyu) et la vallée de l'Usumacinta (Altar de Sacrificios et Seibal), et d'un peu avant 700 dans le nord du Yucatan (Ozibilchaltun). Le Préclassique récent voit la naissance de centres importants, avec pyramides supportant des temples, dans toute l'aire maya. Un style de sculpture originaire du site d'Izapa, sur la côte du Chiapas, se répand sur la côte pacifique du Guatemala et à Kaminaljuyu, où apparaissent les premières inscriptions annonciatrices de l'écriture hiéroglyphique de la période classique. A Tikal, dans la zone centrale, les temples sont disposés sur une acropole dont la croissance sera continue au cours du Classique, et certaines tombes utilisent déjà la voûte en encorbellement caractéristique de l'architecture de la période suivante. La poterie polychrome apparaît dans certains sites centraux (Holmul, Barton Ramie).

En raison des continuités culturelles entre la fin du Préclassique et la période suivante, que son écriture permet d'identifier de façon certaine comme maya, on suppose que la plupart des sites du Préclassique récent étaient occupés par des populations de langue maya. La période classique correspond à l'épanouissement de la civilisation maya dans la partie centrale de l'aire, et dans une moindre mesure également dans la partie nord, tandis que la partie sud connaît un développement moins important et bien différent. La civilisation classique est caractérisée par l'apparition d'inscriptions hiéroglyphiques sur des stèles sculptées en bas relief et représentant des dignitaires. Ces inscriptions comportent des textes chronologiques se référant aux cycles du calendrier maya. Les stèles sont le plus souvent placées devant des édifices à soubassement pyramidal en degrés. Ces édifices sont construits selon le principe de la voûte en encorbellement renforcée de mortier. La stèle la plus ancienne, trouvée à Tikal, porte une date maya équivalente à l'année 292 de notre ère. La civilisation classique semble être née dans les forêts du Petén et s'être étendue rapidement vers l'est et l'ouest dans la partie centrale de l'aire maya, ainsi que vers le nord au Yucatan.

❖ Bibliographie

Quelques autres livres pour approfondir ce sujet.


04-Jan-2021
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