Hymnes

Les hymnes homériques sont une collection de trente trois poèmes qui étaient destinés à être lus en préambule à une oeuvre plus importante.Ils ne faisaient pas partie du culte, mais les rapsodes les chantaient, sans doute, avant la récitation des morceaux épiques. Chacun de ces hymnes, d'une grande variété de caractère et de dimension, entre cinq vers et quelques centaines de vers, est dédié à une divinité dont il célèbre les exploits. Des différences de conception et de style dénotent que ces hymnes ne sont pas tous du même poète. Selon la critique ils furent composés au cours de la période qui s'étend d'Homère aux guerres médiques.

Le qualificatif d'homérique n'a rien à voir avec le célèbre aede mais seulement avec l'utilisation de l'hexamètre dactyle comme dans l'épopée d'Homère. Dans le recueil traditionnel, les premiers hymnes sont les plus longs  l'Hymne à Hermès comporte 580 vers et les plus intéressants du point de vue artistique et historique.

Vénus d'Arles
  1. Hymne à Dionysos (21 vers)
  2. Hymne à Déméter (495 vers)
  3. Hymne à Apollon (546 vers)
  4. Hymne à Hermès (580 vers
  5. Hymne à Aphrodite (293 vers)
  6. Hymne à Aphrodite (21 vers)
  7. Hymne à Dionysos (59 vers)
  8. Hymne à Arès (17 vers)
  9. Hymne à Artémis (9 vers)
  10. Hymne à Aphrodite (6 vers)
  11. Hymne à Athèna (5 vers)
  12. Hymne à Héra (5 vers)
  13. Hymne à Démèter (3 vers)
  14. Hymne à la Mère des Dieux (Rhéa) (6 vers)
  15. Hymne à Héraclès au coeur de lion (9 vers)
  16. Hymne à Asclépios (5 vers)
  17. Hymne aux Dioscures (5 vers)
  18. Hymne à Hermès (12 vers)
  19. Hymne à Pan (49 vers)
  20. Hymne à Héphaistos (8 vers)
  21. Hymne à Apollon (5 vers)
  22. Hymne à Poséidon (7 vers)
  23. Hymne à Zeus (4 vers)
  24. Hymne à Hestia (5 vers)
  25. Hymne aux Muses et à Apollon (7 vers)
  26. Hymne à Dionysos (13 vers)
  27. Hymne à Artémis (22 vers)
  28. Hymne à Athéna (18 vers)
  29. Hymne à Hestia et à Hermès (13 vers)
  30. Hymne à Gaïa, Mère de Tous (19 vers)
  31. Hymne à Hélios (20 vers)
  32. Hymne à Sélèné (20 vers)
  33. Hymne aux Dioscures (19 vers)

L’Hymne à Déméter est un des plus remarquables. Ce poème nous décrit d'une manière très émouvante le désespoir de la déesse après le rapt de Perséphone, la désolation de la terre privée de moissons, l'intervention de Zeus qui envoie Hermès auprès de Perséphone pour qu'elle regagne la terre, où elle restera les deux tiers de l'année.
L'hymne dédié à Apollon Délos parle de la naissance d'Apollon à Délos, de son établissement à Delphes et de son apparition sur l'Olympe, dans toute sa divine splendeur. L'aveugle de Chio qui se dit être auteur de l'hymne, est un poète antérieur au VIIe siècle avant notre ère qui aurait probablement vécu à Délos. Après une allusion à la difficulté de trouver un thème pour célébrer Apollon, le poète chante la longue course errante du dieu à la recherche d'un lieu où établir l'oracle, la construction du temple de Delphes, le meurtre du dragon, le transport dans l'île de Crète dont les habitants devaient devenir ses prêtres.
Le quatrième et cinquième Hymnes, dédiés respectivement à Hermès et à Aphrodite, offrent tous deux une grande liberté dans la manière de traiter le sujet religieux ; on y trouve beaucoup de thèmes, satiriques et parodiques, éléments qui ne sont d'ailleurs point étrangers aux poèmes d'Homère dont ils s'inspirent.
L'Hymne à Hermès où se trouvent de nombreuses interpolations, raconte les prouesses d'Hermès enfant, l'invention de la lyre, le vol des boeufs d'Apollon, la lutte entre les deux frères où Apollon est toujours dominé par le dieu encore enfant, leur réconciliation le récit est mené avec beaucoup de grâce et une grande vivacité.
L'Hymne à Aphrodite  narre les amours de la déesse et d'Anchise, un simple mortel, l'engendrement d'Enée, le secret imposé à Anchise. L'introduction en l'honneur d'Aphrodite, qui a donné l'amour aux dieux, aux hommes et aux animaux, est vraiment très belle. Ce thème évoque les mythes orientaux. L'hymne fut probablement composé en Asie Mineure et n'est pas postérieur au VIe siècle avant notre ère.

Les autres Hymnes, quoique de dimensions moins importantes. ne manquent pas de passages d'une remarquable valeur poétique. La description, entre autres, de l'enlèvement de Dionysos par les pirates tyrrhéniens et leur métamorphose en dauphins celle de la vie de Pan dans la libre nature (cf. l'Hymne qui lui est consacré et qui fut composé à une époque relativement tardive): enfin la description de l'épouvante éprouvée par les montagnes et les forêts, au passage de la déesse dans Hymne à Artémis, sont particulièrement saisissantes. A de rares exceptions près, les divinités célébrées sont celles que l'on rencontre chez Homère, et les mythes complètent et développent les thèmes existant déjà dans l'oeuvre de ce poète. La langue et les formules épiques sont pour la plupart de type homérique. Les Hymnes n'exercèrent pas une grande influence sur la poésie postérieure, bien qu'ils connurent une large diffusion. C'est d'eux que s'inspirèrent Callimaque à l'époque hellénique et Cléanthe, le philosophe stoïcien (IIIe av. notre ère), dans le magnifique Hymne à Zeus qui est parvenu jusqu'à nous.
T.F. Belles-Lettres. 1937.

A Héra (12)

Je chante Héra au trône d'or, que Rhéa enfanta, reine immortelle, illustre par sa beauté sans égale, femme et soeur de Zeus qui tonne dans les hauteurs, glorieuse, et que tous les dieux heureux, dans le large Olympe, honorent et vénèrent autant que Zeus qui se réjouit de la foudre.

Quelques autres livres pour approfondir ce sujet.


04-Jan-2021
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