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Dans la société traditionnelle égyptienne, la religion joue un rôle fondamental qui n'est pas séparé de la vie politique : c'est le pharaon, qualifié de « fils de Rê » et dieu lui-même, qui accomplit les rites.

Prêtre faisant une libation
Tombe de Ramsès IV

La vie économique est soumise à l'emprise des temples, grands propriétaires fonciers, comme le montre la liste des possessions du papyrus Harris, à la fin du Nouvel Empire. La vie quotidienne des individus est très largement régie par les dieux, qui protègent ou punissent, de la naissance à la mort. La plupart des textes qui nous sont parvenus relèvent du domaine religieux : textes funéraires, hymnes aux dieux, mais aussi traités de magie. Pourtant, les Égyptiens n'ont pas de terme spécifique pour désigner ce que nous appelons une « religion ».

La religion égyptienne est fondamentalement polythéiste, de ses origines à son extinction, au IVe siècle de notre ère, si ce n'est l'épisode amarnien, sous Akhenaton (vers 1353-1335), qui mit en avant Aton, le disque solaire, en excluant plus ou moins tous les autres dieux.

La multiplicité des dieux et celle de leurs images s'expliquent par le fait que, pour les Égyptiens, seule cette pluralité des approches permettait d'appréhender au plus près le monde symbolique du divin. Aucun dieu ne s'est révélé; les dieux existent simplement, tout comme les réalités physiques. Par conséquent, leur réalité ne peut être mise en doute; tout au plus leur efficacité est-elle parfois soupçonnée.

C'est par le biais des rites accomplis quotidiennement que les hommes ont entretenu des relations étroites avec leurs dieux. Cette nécessité était fondamentale, puisque seul l'apaisement des dieux par le biais des offrandes, mais surtout de Maât, principe d'ordre qui peut se substituer à toutes les autres catégories, permet le fonctionnement régulier du cycle solaire qui régit la vie du cosmos et des hommes.

Ces derniers sont donc partie prenante de la marche du monde en assurant le culte journalier et celui, solennel, des jours de fêtes. C'est le pharaon seul, comme fils des dieux, qui est habilité à conduire le culte dans le temple, espace pur séparé du monde profane, maison du dieu abritant ses effigies sur terre. Pratiquement, ce pouvoir est délégué aux prêtres, « serviteurs du dieu » astreints à des règles de pureté rituelle, qui le représentent Le temple est aussi un microcosme, image métaphorique du monde lieu où le divin se manifeste sur terre. A coté des serviteurs des dieux existe des prêtresses qui ont le titre d'"épouse du dieu" et la véritable dynastie sacerdotale des Divines Adoratrices d'Amon.

Toutefois, l'accès au divin n'est pas limité au seul culte rendu par le pharaon ou ses représentants. Les particuliers ont également été désireux de nouer un lien privilégié avec leurs dieux, eux qui n'avaient guère accès qu'au parvis des temples, les jours de fête. Si les témoignages restent maigres concernant l'Ancien Empire, ils se multiplient à partir du Moyen Empire et surtout au Nouvel Empire et aux époques plus tardives. À Abydos, ville consacrée à Osiris, lieu de festivités annuelles et d'un pèlerinage célébrant la mort et la renaissance du dieu, on a retrouvé de nombreuses stèles privées commémorant la présence de particuliers à ces cérémonies, réclamant les bienfaits que peut octroyer le dieu, tout particulièrement une vie auprès de lui dans le royaume des défunts. Au fil du temps, la relation entre les individus et les dieux se fait plus personnelle.

Sources: L'Egypte pharaonique parue dans Le Point décembre 2007

❖ Bibliographie

Quelques autres livres pour approfondir ce sujet.


04-Jan-2021
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