Tristan est le fils de Rivalen, roi du Léonois et de Blanchefleur,
sœur du roi Marc de Cornouailles, dès sa naissance voué
au malheur.
LEGENDE. mythologica.fr
Son père perd sa couronne, et sa mère meurt en le mettant
au monde. On comprend rapidement pourquoi il se nommait ainsi. Parti à
l'aventure après avoir été élevé par
Gorvenal, Tristan, alors âgé de quinze ans, arrive à
la cour de son oncle le roi Marc, et fait l'admiration de tous, tant par
sa bravoure que par ses dons de harpiste.
Tristan et Yseult par Leighton (1902)
Mais ayant tué le géant Morholt, beau-frère du roi
d'Irlande, il est blessé par sa lance empoisonnée et on
le laisse, seul, dans une barque à l'abandon, qui finit par aborder
en Irlande, où Tristan se fait passer pour le jongleur Tantris.
La reine, vient à son chevet, le guérit par enchantement
et lui demande d'initier sa fille, Yseult-la-Blonde, à la musique.
Quand il revient en Cornouailles, les barons l'accusent de vouloir empêcher
le mariage de son oncle qui commence à se faire vieux.
Alors Tristan offre d'aller chercher lui-même la seule jeune femme
dont le roi parle tout le temps. Dans une autre version de la légende,
il doit retrouver la jeune fille dont un cheveu d'or serait tombé aux
pieds du roi, lâché par une hirondelle qui voulait en tapisser
son nid.
Tristan se rendit donc une nouvelle fois en Irlande où il tua le
terrible dragon qui dévastait la région. Il lui trancha
la langue empoisonnée mais se fit assommer d'un coup de queue du
monstre. Il fut découvert par des paysans qui l'amenèrent
au château où il demanda Yseult en mariage pour le roi Marc.
Or celle-ci s'aperçut qu'un éclat trouvé dans la
tête du géant Morholt provenait de l'épée de
Tristan, la jeune fille voulut le tuer. Sa mère obtint qu'elle
pardonne et lui remit un philtre qui l'unira amoureusement au roi Marc
pour toujours.
Toutefois, au cours de la traversée, Tristan et Yseult, par une
fatale erreur, boivent le philtre d'amour qui l'enchaînera jusqu'à
la mort.
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Tristan et Yseult buvant le philtre
D'après John DUNCAN
City of Edinburgh Museums |
Et Tristan l'offre à Iseut, en disant : « Belle Iseut, buvez ce breuvage. » Iseut boit une gorgée et tend la coupe à Tristan qui la vide à son tour d'un trait. Aussitôt il regarde Iseut d'un air égaré, et l'émoi et la frayeur se peignent sur la figure d'lseut.
Qu'ont-ils fait ? Hélas ! ce n'est pas le vin de la réserve qu'ils ont bu, ce n'est cervoise ni piquette, mais le boire enchanté que la reine d'lrlande a brassé pour les noces du roi Marc ! Brangaine est saisie d'un terrible doute; elle s'enfuit éperdue. Dieu ! si elle s'était trompée ! Elle se hâte de descendre dans la soute : elle voit le tonneau de boire herbé à moitié vide : « Malheur, malheur à moi ! s'écrie-t-elle. Tristan, hélas ! Hélas ! Iseut ! Vous avez bu votre destruction et votre mort ! »
Cependant le poison d'amour se répand dans les veines du valet et de la pucelle. Hier ennemis, les voici aujourd'hui remplis de désir l'un pour l'autre. Le lien qui les attache l'un à l'autre leur entre profondément dans la chair, et jamais ils ne pourront s'en guérir. Vénus, la redoutable chasseresse, les a pris dans ses filets ; le dieu d'Amour leur a décoché sa flèche mortelle ; il a planté son drapeau dans leur cœur ; il les tient pour toujours à sa merci. Chacun se sent vide et las, comme étourdi par le breuvage. Ils n'osent encore échanger leurs pensées; mais quand leurs yeux qui se fuient se rencontrent dans un éclair, c'est un périlleux regard qui attise le feu qui déjà les consume.
(Récit de Thomas d'Angleterre) |
On célèbre bientôt les noces de Marc et d'Yseult
sont célébrées mais, la nuit venue, elle se fait
remplacer dans le lit nuptial par sa fidèle Brangien (Brangaine).
Tristan et Yseult continuent de s'aimer, et les ennemis de Tristan (spécialement
Andret) le font bannir de la cour, bien que le roi ne parvienne pas à
le croire coupable. Les deux amants, malgré tout, continuent de
se voir: ils se donnent rendez-vous la nuit, dans le jardin, sous un arbre
près de la fontaine et, pour convenir du rendez-vous avec la jeune
fille, Tristan jette dans cette fontaine des morceaux de bois qui sont
autant de signes convenus entre eux. Dénoncé de nouveau
par le méchant nain Frocin, Ils sont condamnés au bûcher:
mais, sauvés par miracle, ils se réfugient dans la forêt
où ils mènent une vie misérable.
Enfin on les découvre,
mais les voyant si chastement dormir, avec entre eux d'eux l'épée
de Tristan qui les sépare, le roi Marc, ému, respecte leur
sommeil. Mais, voulant laisser une trace de son passage, il dépose
sa propre épée à la place de celle de Tristan, met
au doigt d'Yseult son anneau et, avec son gant, la préserve d'un
rayon de soleil. Touchés par tant de générosité,
Yseult réapparaît à la cour et Tristan part en exil
pour la Bretagne où il épouse la jolie fille du duc Hoël,
Yseult-aux-Blanches-Mains, et se lie d'amitié avec son frère
Kaherdin. Tristan, cependant, n'approche pas sa femme et, tente par tous
les moyens de revoir Yseult-la-Blonde. Déguisé en lépreux,
en pénitent, en fou, il mendie sur son chemin et, à son
retour, assiste Kaherdin dans une périlleuse aventure d'amour.
Kaherdin est tué et Tristan blessé à mort. Alors
il invoque Yseult-la-Blonde qui seule peut le guérir; elle se rend
aussitôt à son appel. Cependant, Yseult-aux-Blanches-Mains,
jalouse, trompe le moribond en lui faisant croire que le navire arrive
sans elle.
Tristan meurt désespéré
et Yseult-la-Blonde, à peine débarquée, s'écroule
sur son corps et meurt elle aussi.
"Alors Tristan ressent une grande douleur,
jamais il n'y en a eu et jamais il n'y en aura de plus grande. Il
se tourne vers le mur et dit alors : « Que Dieu nous sauve,
Yseult et moi !
Puisque vous ne voulez pas venir à moi, votre amour me tue.
Je ne peux plus retenir ma vie. Je meurs pour vous, Yseult, ma belle
amie. Vous n'avez pas pitié de ma souffrance mais vous éprouverez
la douleur de ma mort.
C'est pour moi, mon amie, un grand réconfort que de savoir
que vous pleurerez ma mort ». Il dit trois fois « Amie
Yseult », à la quatrième il rend l'esprit."
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| Récit de Thomas d'Angleterre |
Tristan et Yseult d'après J.W. Waterhouse |
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Yseult va droit vers le corps : elle se tourne
vers l'Orient, elle prie humblement pour son ami. « Ami Tristan,
quand je vous vois mort, il m'est impossible de trouver une bonne
raison de vivre. Vous êtes mort de l'amour que vous me portiez,
et moi je meurs, ami, de tendresse, puisque je n'ai pas pu venir à
temps vous guérir de votre mal.
Ami, ami, à cause de votre mort je ne trouverai jamais de réconfort
en aucune chose. Je ne ressentirai jamais de joie, ni de gaieté, ni
de plaisir à rien.
Maudit soit cet orage, qui me fit tant rester en mer que je n'ai pas
pu venir à vous ! Si j'étais arrivée à
temps, je vous aurais rendu la vie, ami, et je vous aurais parlé
doucement de l'amour qu'il y avait entre nous. |
| La mort de Tristan par Marianne Strokes (1902) |
Récit de Thomas d'Angleterre |
Le roi Marc, qui a appris en même temps la mort des amants et le
secret du philtre, fait ensevelir les deux corps en Cornouailles
De leur tombe, vont surgir deux arbres qui s'entrelaceront indissolublement
; surtout que l'on ne s'avise point de les couper, car ils surgiraient
plus vivants encore (dans d'autres versions, un arbre naît du cœur
de Tristan et ses branches rejoignent la tombe d'Yseult)
FILIATION. mythologica.fr
| Blanchefleur |
Rivalen |
| TRISTAN |
| Epouse* / amante |
Enfants |
| Yseult-aux blanches- mains * |
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| Yseult la blonde |
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| Yseult |
Gormont |
| YSEULT-la-blonde |
| Epoux* / amant |
Enfants |
| Marc* |
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| Tristan |
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SOURCES. mythologica.fr
La plus ancienne version date de 1185 écrite par Thomas d'Angleterre
en dialecte anglo-normand, nous est parvenue très incomplète.
La version de Béroul compte quatre mille cinq cents vers écrits
en langue normande. A partir de ces écrits Gottfried von Strassburg
réalise un récit en allemand vers 1210.
A l'origine le récit ne fait pas parti des légendes arthuriennes
mais il fut inclus au XV ième siècle dans le "Morte
d'Arthur" par Sir Thomas Malory- Dictionnaires et encyclopédies Larousse tous types et tous siècles.
- Encyclopédie Universalis.
- Mythes et légendes du monde entier Editions de Lodi 2006.
- La légende arthurienne Editions Robert Laffont 1998
- Les Chevaliers de la Table Ronde de Jacques Boulenger Editions: Gründ 2006
- Arthur et la Table ronde de Anne Berthelot gallimard
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