NANABOZHO

Nanabozo
Yakari et Nanabozo

Nanabozho (Nanabozo ou Nanabush) est un héros culturel mythologique issu des traditions cosmologiques des tribus algonquiennes du centre et de l'Est du Canada. Il incarne la vie et possède le pouvoir de la créer au sein d'autres êtres. Ses diverses personnalités correspondent aux diverses étapes et conditions du cycle de la vie. Dans certains mythes, il crée les animaux et fait pousser les plantes et les racines pour que les humains puissent se nourrir. Le rôle qu'il tient dans la mythologie présente une dualité : il est à la fois un bienfaiteur pour les autochtones et un bouffon farceur et obscène.
Pour les Ojiboués, le monde a été créé par Nanabozo, fils d’un esprit céleste et d’une femme de la Terre.
Nanabozo avait la faculté de transformer ce qu'il voulait, y compris lui-même, en végétal ou en un animal (en particulier un grand lièvre)

LÉGENDE.

Il y a très longtemps le feu était inconnu dans le pays de Nanabozo et il y faisait très froid. Alors Nanabozo questionna sa grand-mère, Nokomis, qui savait beaucoup de choses pour connaitre un moyen de se réchauffer.

Elle lui répondit qu'effectivement elle avait entendu dire que quelque part à l’est, près des grandes eaux, vivait un vieux sachem et ses filles. Ils avaient chaud car ils possèdaient une chose merveilleuse appelée le feu. Mais cet homme cachait le feu de la vue de tous et le conservait jalousement.

Nanabozo jura d'aller vers l'Est pour trouver cet homme et lui demander un peu de son feu. Mais Nokomis douta de la réussite de son expédition car elle savait que le feu était surveillé nuit et jour par le vieil homme qui ne sortait jamais de son wigwam laissant le soin a ses filles d'aller dehors.

Nanabozo élabora un plan. « Je vais transformer l’eau du lac qui voisine le wigwam du sachem en une glace mince comme l’écorce du bouleau. Ensuite, je vais me changer en petit lapin assez léger pour que je puisse courir sur cette glace fine sans qu'elle cède.

Nanabozo salua la grand-mère Nokomis, et partit. Il marcha vers l’est pendant des jours et des jours. Il arriva bientôt devant un lac au bord duquel s’élevait le wigwam du vieux sachem Aussitôt, grâce à ce pouvoir qu’il avait, il transforma l’eau du lac en glace fine et se transforma lui-même en un tout jeune lapin.

Nanabozo se cacha pour pouvoir observer l'habitation et attendit longuement. Enfin il vit l’une des filles sortir pour aller vers le lac, Nanabozo sortit de sa cachette et se coucha sur le sentier qu'elle devait utiliser et se mit à grelotter très fort.

La jeune fille fut émue par ce pauvre petit lapin transis de froid Et aussitôt elle prit le lapin dans ses mains et l’emporta dans son logis en l’abritant sous sa veste. Lorsqu’elle fut entrée, elle fit voir le jeune lapin à sa sœur. Toutes les deux se mirent à jouer avec lui pour s’amuser.

"Enfants qui vous a permis de faire entrer cet animal chez nous?, que vous êtes étourdies !" s’écria le vieux sachem. "Ce lapin en est peut-être là pour voler notre feu. Jetez cette bête dehors !"

Les filles ne firent aucun cas des remarques de leur père pensant que ce vieux grincheux avait tort de dire que ce pauvre lapin sans défense venait leur voler le feu.

- Vous refusez de m’écouter ! se fâcha le vieux. Vous oubliez mon grand âge et ma sagesse.

La plus jeune des filles fit semblant de ne pas entendre les mots prononcés par son père. Elle déposa en souriant le petit lapin près du feu pour qu’il se réchauffe.

« Maintenant que ma fourrure est sèche, pensa Nanabozo, je souhaite qu’une étincelle vienne l’enflammer. » Et comme cela arrive toujours avec Nanabozo, son vœu se réalisa. Une étincelle s’échappa des bûches enflammées et mit le feu à son pelage. Aussitôt, Nanabozo s’élança dehors et courut à toute vitesse vers le lac.

- Regardez père ! crièrent les filles, il s’enfuit avec le feu !

- Vous voyez bien que j’avais raison de me méfier, dit le vieux en courant derrière l’animal. C’est sûrement un manitou qui est venu voler le feu.

Le vieux sachem se mit à courir après Nanabozo, mais la glace fragile céda dès ses premiers pas et ses filles eurent beaucoup de mal à le sortir de l’eau. Pendant ce temps, Nanabozo avait couru à perdre haleine et arrivait en vue de son logis.

- Nokomis ! cria-t-il. Vite, Nokomis ! Transfère ce feu à des branches.

Nokomis se précipita vers lui et fit comme il demandait, sans hésiter. Puis Nanabozo réussit à éteindre le feu de son pelage en s’aidant de ses pattes. Content de voir brûler les branches, il s’examina en riant.

- Dorénavant, dit-il à Nokomis, chaque été les lapins auront le pelage comme le mien pour rappeler aux hommes comment le feu est venu jusqu'à eux dans ce pays.

Nanabozo reprit sa forme humaine et, cet hiver-là, lui et Nokomis eurent bien chaud.

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