RELIGION TIBETAINE 6/6

Bardo Thödol, "Le Livre des morts tibétain", est un guide pour les morts et les mourants.
La première partie, appelée Chikhai Bardo, décrit l'instant de la mort.
La deuxième partie, Chonyid Bardo, traite avec les états qui surviennent immédiatement après la mort.
La troisième partie, Sidpa Bardo, concerne l'apparition de l'instinct de la naissance et prénatal.

CONTENU.

 (Bar-do thos-grol) tibét.
• Littér. « délivrance par l'audition dans l'état intermédiaire ». Texte considéré comme le livre des morts des Tibétains. Cet ouvrage est tiré d'un ensemble de préceptes qui remontent à Padmasambhava et furent élaborés en système didactique, comme Terma, au XIVe siècle. Le processus de la mort et de la renaissance y est articulé en trois phases ou états intermédiaires (Bardo), étroitement liés à la doctrine des « Trois Corps de Bouddha » (Trikâya). Chacune de ces trois phases offre la possibilité de découvrir la nature réelle de son propre esprit par la seule audition de préceptes adaptés et ainsi d'accéder à la Délivrance qui est Nirvâna.

  1. Bardo de la naissance
  2. Bardo des rêves
  3. Bardo de la méditation (Dhyâna)

1. Durant le Bardo de l'instant de la mort (Dharmakâya) apparaît une aveuglante lumière blanche.
2. Durant le Bardo de la Réalité suprême (Sambhogakâya) se manifestent des phénomènes lumineux de cinq couleurs en forme de Mandala, qui émanent de la structure fondamentale des cinq Buddhakula.
3. Durant le Bardo du devenir (Nirmânakâya) apparaissent des phénomènes lumineux à l'éclat voilé qui correspondent aux six principales conditions de renaissance (Bhava-Chakra).
Le Bardo Thödol distinguent six états intermédiaires :

  1. Bardo de l’instant de la mort
  2. Bardo de la réalité suprème (Dharmatâ)
  3. Bardo du devenir.
Bardo Thödol
Bardo Thödol

On retrouve la tradition des Bardo dans le Nâro Chiïdrug, dans la doctrine du Dzogchen et dans l'école du Bön. Conçus à l'origine comme des consignes de méditation à l'usage des adeptes auxquels le moment de la mort offrait la meilleure occasion de parfaire le Sâdhana déjà pratiqué de leur vivant, ces enseignements se transformèrent au fil des siècles en rituel mortuaire, composé de cérémonies et de lectures en l'honneur du mort. Les différents ouvrages de rituels funèbres sont formés de plusieurs parties décrivant notamment le processus de la mort, les divers phénomènes lumineux qui accompagnent les Bardo, la technique, de recherche de la condition de renaissance, ainsi que certaines modalités du culte des morts.
Le processus de la mort est décrit dans le Bardo Thödol comme une lente désorganisation du fonctionnement physique, comme une désagrégation des cinq Skandha. La disparition de la réalité extérieure qui accompagne le Bardo de l'instant de la mort permet de percevoir l'Esprit dans sa Vraie Nature, sous la forme d'une lumière étincelante. Si le mourant ne réussit pas à s'identifier avec cette vision, il sombre durant trois ou quatre jours dans un état d'inconscience. Puis se forme un nouveau corps conscient, sujet des expériences à venir.
Durant la phase suivante, le Bardo de la Réalité suprême (Dharmatâ), qui dure 14 jours, la conscience perçoit les formes de 42 divinités tranquilles et 58 frénétiques qui apparaissent sous l'aspect d'un mandala en plein épanouissement. Le Bardo Thödol parvient à en donner une description détaillée grâce à l'utilisation d'un Sâdhana comportant tout l'éventail des sentiments humains pour rendre compte de ces expériences. Ainsi la notion de Vacuité (Shûnyatâ) est-elle représentée par les divinités tranquilles tandis que celle de Clarté l'est par les divinités frénétiques.
Si le corps conscient, cette fois encore, se révèle incapable de reconnaître ces phénomènes lumineux comme une projection de lui-même, alors commence le Bardo du devenir, d'une durée de 28 jours. Pendant les trois premières semaines de cet état intermédiaire, la conscience revit ses actions antérieures (Karma), ce qui la prépare à chercher durant les sept derniers jours sa prochaine condition de renaissance.

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