Arts

L'étude de l'art préhistorique se distingue de l'histoire de l'art traditionnelle par le fait qu'elle repose sur des témoignages archéologiques d'expressions artistiques simples, réalisées par des êtres dont on sait encore peu de choses. Les premières formes artistiques sont apparues dans diverses régions du monde qui n'entretenaient alors aucune relation. Des archéologues ont démontré que la tradition de l'art rupestre en Australie remonte au XVIIe millénaire avant notre ère Au Proche-Orient, l'apparition de la poterie date du VIIe millénaire avant notre ère. Mais les formes d'art les plus anciennes remontent au paléolithique, qui est l'âge de la pierre taillée.

Poterie primitive

Au néolithique, un âge de la pierre polie qui s'étend en Europe de 6 500 à 2 000 ans avant notre ère, le développement de l'agriculture et de la vie en communautés villageoises va de pair avec l'apparition de la poterie et l'essor de l'architecture. Les potiers les plus inventifs et les plus prolifiques de cette époque vivaient en Europe de l'Est.
Ainsi l'art de Vinca, en Serbie, se caractérise-t-il par la production de milliers de poteries à surface noire et à décor cannelé qui représentent des figurines féminines. La poterie néolithique est-européenne était souvent peinte: les céramiques produites par l'art de Cucuteni, en Roumanie, sont polychromes et décorées de motifs géométriques à spirales.

Architecture

L'architecture des habitations de l'Europe néolithique est très. variée, depuis les petites constructions de brique crue des Balkans méridionaux jusqu'aux longues maisons de bois de l'Europe centrale et occidentale. Les bâtiments les plus impressionnants du néolithique sont les monuments mégalithiques, assemblages de grandes et lourdes pierres comme les alignements de Carnàc, en Bretagne, construits entre le Ve et le IIIe millénaire. Le site de Newgrange, en Irlande, est constitué d'un tertre entouré de monolithes sculptés de spirales et d'autres motifs proches de ceux retrouvés dans d'autres tombes en Irlande, en Bretagne et en Espagne. Ce tertre abrite un passage formé d'un dolmen soutenu par des dalles gravées, qui mène à une chambre funéraire. Ce couloir était disposé de façon à permettre aux rayons du soleil d'éclairer la tombe au milieu de l'hiver. Parmi les centaines d'alignements mégalithiques circulaires dressés .en Grande-Bretagne et en Irlande, certains, comme le fameux cercle de Stonehenge, présentent une disposition qui les apparente à des instruments astronomiques.
Mais c'est dans l'île méditerranéenne de Malte que s'est développée l'architecture la plus sophistiquée de cette période.
Bâtis entre 3600 et 2500 avant notre ère, les grands temples maltais sont constitués de grands blocs de pierre érigés, pour les premiers, selon un plan en forme de trèfle à trois feuilles. Les temples plus tardifs ont une architecture plus complexe et leurs blocs de pierre sont taillés avec plus de soin. Certains sont décorés de motifs gravés en spirales ou recou verts d'enduit peint. Dans le temple de Tarxien subsistent des frises animales et une sculpture monumentale qui représente une divinité corpulente.
Cette divinité est aussi figurée dans des œuvres de taille plus réduite très différentes des sculptures contemporaines des Cyclades.

Les sculptures des îles grecques des Cyclades, dans la mer Égée, qui datent de 3000 à 2000 avant notre ère, sont considérées comme les plus achevées de l'art préhistorique européen. La tradition primitive du polissage du marbre qui s'y est développée permettait de réaliser des idoles grossières. Elle a évolué jusqu'à aboutir à la création de figurines plus élaborées et d'une taille pouvant atteindre un mètre cinquante. Le type le plus courant de figurine repré- sente une femme nue, les bras posés sur le ventre. Les visages sans traits, où seul le nez est figuré en relief, devaient à l'origine être peints. Les bras repliés de ces figurines étaient assez faciles à exécuter car les membres ne sont différenciés du corps que par des incisions. Il existe toutefois des exemplaires de figurines plus élaborées dont les bras sont arrondis et la pose moins figée. Certaines sont assises. Les plus remarquables d'entre elles représentent des musiciens avec leurs harpes et leurs flûtes. Un rare exemple de personnages groupés figure deux hommes dont les bras entrelacés portent un enfant.

L'AGE DU BRONZE ET DU FER.

Le développement du travail du métal constitue l'innovation artistique la plus importante de l'époque préhistorique moderne, aux côtés de la poterie et de l'architecture. Au œ millénaire avant notre ère, des armes et des bijoux moulés en bronze et délicatement gravés de dessins curvilignes font leur apparition. Uun des objets les plus intéressants de cette époque a été retrouvé à Trundholm, au Danemark. Il s'agit d'un objet ! rituel représentant un cheval de bronze ! tirant un symbole solaire. Au le. millénaire avant notre ère, le travail du métal au repoussé ou au martelé se développe, en particulier en Scandinavie, en Europe centrale et en Sardaigne. La gravure du métal se pratique couramment, mais le travail au repoussé ou au martelé fait son apparition parallèlement. Les frises au repoussé qui figurent sur les seaux de bronze, ou situles, fabriqués dans l'Italie du Nord et en Yougoslavie entre 600 et 350 avant notre ère, illustrent des scènes généralement animées, notamment des processions religieuses. L'art de la situle s'inspire en partie de l'art proche-oriental et de l'art grec. C'est aussi le cas de la culture artistique celte. Les Celtes décoraient des armes, des vases et des pièces d'orfèvrerie dans un style si fluide qu'il est difficile de distinguer les ornements floraux des têtes humaines et des animaux stylisés, et les motifs abstraits des représentations figuratives.


voir les fiches spécifiques sur l'art pariétal et la sculpture

❖ Bibliographie

Bibliothèque virtuelle
https://mythologica.fr