Chevalerie

Institution qui, à l'origine, rassemblait les combattants à cheval et à laquelle on accédait par une cérémonie d'initiation dont l'adoubement représentait le type achevé dans la société féodale.

Chevalier
Chevalier sur son dextrier

La chevalerie n'a représenté qu'une faible fraction des laïcs ceci s'explique en grande partie par l'évolution des méthodes de combat, qui assurèrent le triomphe du cavalier sur le fantassin et entraînèrent par contrecoup la quasi-disparition de l'infanterie. De ce fait, le terme de soldat (lat. miles) s'identifia désormais totalement à celui de chevalier, et celui-ci avec le vocable de noble (lat. nobilis), auquel il se substitua vers l'an 1000.

La chevalerie formait, selon Edouard Perroy, professeur d'histoire médiévale (1901-1974) « un groupe sans limites fixes, sans privilèges, sans titres », qui comprenait pour l'essentiel une grande partie de l'aristocratie de l'argent, de la terre et de la fonction. Pour être chevalier, il fallait en effet d'abord être riche, en raison du coût relativement élevé des chevaux de guerre (un ou deux) et d'un matériel de plus en plus diversifié du fait du perfectionnement des méthodes de combat, nécessitant l'achat d'une lance portée le long du corps, d'une selle à pommeau et à arçon et d'étriers.

Education du chevalier.


The accolade par Leighton 1901 CP

L'art difficile de la guerre nécessite un long apprentissage, que le père peut donner à son fils, mais qui est le plus souvent le fait d'un riche parrain laïque auquel les parents confient le jeune postulant dans l'espoir que celui-là pourvoira à son équipement et peut-être même lui concédera un fief nourricier.

Laissé aux mains des femmes jusqu'à ce qu'il ait atteint l'âge de raison (sept ans), l'enfant est, pendant cinq ans environ, initié par son père aux premiers secrets de l'équitation, de l'escrime et de la chasse. Il est ensuite confié en général à son suzerain immédiat, dont il devient l'un des nourris. Qualifié de damoiseau s'il est de noble race ou de varlet si sa naissance est moins illustre, il doit d'abord remplir au service de son maître d'humbles besognes domestiques : l'aider dans sa toilette et dans sa vêture; soigner, dresser, harnacher et présenter ses chevaux; servir et découper les mets à table; préparer les armes de chasse et dresser les chiens et les faucons qui traqueront le gibier; enfin et surtout entretenir les armes guettées par la rouille, vérifier la résistance de chacun des éléments de la cotte de mailles, s'assurer de la taille et du fil des armes offensives. Par là débute l'éducation véritable du futur chevalier, qui la parfait en suivant son maître jusqu'aux abords du champ de bataille, où, théoriquement, il doit se contenter de porter son écu — d'où son titre d'écuyer —et de tenir des armes de rechange à sa disposition, mais où il lui arrive très souvent de participer personnellement au combat si les circonstances le commandent. Au bout d'un laps de temps assez variable, mais qui a eu tendance à s'allonger de trois à neuf ans entre le XIe et le XIIIe siècle., le jeune guerrier âgé de quinze à vingt ans est enfin reconnu apte à entrer en chevalerie par l'adoubement. Sa vie d'homme commence.

Adoubement.

Adoubement
Cérémonie de l'adoubement © Bibliothèque de l'Arsenal XIIIe siècle

Cérémonie d'initiation destinée à « faire un chevalier » selon un rite précis, dont la mention n'apparaît dans les documents que dans la seconde moitié du XVe siècle. L'adoubement débutait par la remise des armes (épée, lance, éperons, haubert, heaume et bouclier) au jeune impétrant par un chevalier plus ancien qui lui servait de parrain. Presque toujours, celui-ci lui assenait aussitôt du plat de la main un grand coup sur la nuque et sur la joue : la « colée », ou « paumée », que les Allemands qualifiaient d' « adoubement » (d'un verbe germanique qui signifiait « frapper »). Le terme d'adoubement finit par s'appliquer à l'ensemble de la cérémonie, qui s'achevait par une fête.

Etant monté en selle, en général d'un seul bond et sans éperons, le nouveau chevalier s'efforçait de transpercer d'un seul coup de lance un mannequin de bois protégé par un solide bouclier; le mannequin, placé sur un pivot, tournoyait sur lui-même s'il n'était pas frappé en plein coeur et lançait une lourde masse sur la nuque du chevalier maladroit, ainsi couvert de honte. Un tournoi, un grand festin, les tours des jongleurs, la lecture de chansons de geste terminaient généralement la cérémonie.
En fait, son rite essentiel restait la cotée, qui avait peut-être moins pour objet de commémorer l'entrée en chevalerie que de transmettre, par un contact direct entre le corps de l'adoubeur et celui de l'adoubé, « influx » chevaleresque du premier.

❖ Bibliographie

Bibliothèque virtuelle
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