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La civilisation étrusque a été gratifiée d’«unique civilisation citadine originale de l'Occident ancien » (Guido A. Mansuelli, archéologue italien).

A part la cité industrielle de Populonia, les vieilles villes étrusques étaient perchées en des positions escarpées. La menace des invasions gauloises les incita à s'entourer de fortifications, très longues enceintes de murailles d'un appareil rustique, qui englobaient une étendue de beaucoup supérieure à la surface bâtie. Autant on sait peu de chose de ces villes, malgré les fouilles récentes de Volsinii (Bolsena) et de Vulci (Vulcia), autant on est informé du plan régulier des fondations tardives, grâce aux fouilles de Spina et de Marzabotto, en Italie du Nord; Marzabotto a été appelée la Pompéi étrusque. Fondée en terrain plat, ou presque, elle a pu bénéficier des techniques évoluées des arpenteurs étrusques, qui transmirent aux Romains leurs méthodes et leurs rites de fondation. Inspiré peut-être par le plan en damier d'Hippodamos de Milet, en tout cas contemporain, le plan étrusque s'insérait autour des lignes directives fournies par le cardo (voie nord-sud) et le decumanus (voie ouest-est), et s'encadrait dans le pomoerium, limite sacrée. Les habitations étaient très espacées. Spina, située près de Comacchio, était tracée selon un plan analogue, mais, Venise étrusque, elle était parcourue de canaux et reliée à la mer par un chenal. Une autre fondation régulière de la même époque (Ve siècle) a été découverte à Casalecchio di Reno, près de Bologne. Chacune des principales villes connues avait sa physionomie propre, son originalité, ses ressources. Si Spina fut, pendant une période assez brève, il est vrai, le grand emporium qui recevait les produits de la Grèce, Adria, située un peu plus au nord, passait pour bien plus typique. L'atrium en serait originaire. Bologne, sous le nom de Felsina, était une ville de commerce et de métallurgie. En Etrurie même, beaucoup de villes se partageaient entre les activités connexes de l'agriculture et l'exploitation des mines. Volaterrae (Volterra) exploitait les mines de la Cecina, et Populonia le fer de l'île d'Elbe et le cuivre de Campiglia. Vetulonia travaillait le bronze et partageait les activités maritimes avec Populonia. Caere exploitait le cuivre de la Tolfa et hébergeait des artisans grecs d'Ionie. Volsinii était une capitale religieuse. Véies (en lat. Veii) et Vulci nous apparaissent comme des centres d'artisanat d'art.

Anciennement, c'est-à-dire surtout jusqu'au Ve siècle, les villes étaient gouvernées par des rois, appelés lucumons. On sait quels étaient les insignes de leur pouvoir : la couronne, le trône (siège curule), le sceptre, le manteau de pourpre, le licteur, qui le précédait en portant des faisceaux sur l'épaule. Renversés, ces rois furent supplantés par une oligarchie de nobles qui se partageait le pouvoir sous la forme de diverses magistratures. Des inscriptions tardives (à partir du IVe siècle) ont permis de préciser les titulatures. Le magistrat par excellence était le zilath. Il partageait avec plusieurs collègues le pouvoir essentiel, pour une année, et disposait d'attributs analogues à ceux des rois. Le zilath purth présidait leur collège; le zilath mare, pourvu d'attributions religieuses, pouvait s'apparenter à l'édile romain. On sait assez peu de chose des magistratures inférieures ainsi que, d'ailleurs, de la structure de la population dans son ensemble, sinon qu'il y avait beaucoup d'esclaves. Certains de ceux-ci devaient être fort défavorisés, à en juger par quelques violentes révoltes dont le souvenir a été conservé. D'autres avaient droit à des maisons particulières, comme la plupart des hommes libres. Mais on a bien du mal à se représenter ces maisons étrusques, dont il ne reste pas de vestiges. Il semble qu'on se soit attaché à construire des tombeaux pour l'éternité et les demeures pour un temps limité : celles-ci furent sans doute de bois et de briques crues. Des urnes funéraires en forme de maison témoignent de l'aspect de cabane des plus petites ou des plus primitives. L'étude du plan des tombeaux, s'ajoutant à une remarque de Vitruve, donne une idée de la disposition, qui, avec sa cour intérieure, sans colonnes, annonçait la maison romaine.

❖ Bibliographie

Quelques livres de librairie pour approfondir le sujet.

Bibliothèque virtuelle
Le grenier de Clio [https://mythologica.fr]