SORCIER & SORCIERE

Pratiquant(e) de magie noire, plus exactement de sorcellerie, et le sorcier(e) tient ses pouvoirs maléfiques d'un pacte conclu avec le Diable. On en comptait 30 000 à Paris, d'où on les chassa, sous Charles IX, et plus de cent mille en France, sous Henri III. Trois-Echelles les évaluait à trois cent mille sous Charles IX. Bodin les accuse de « quinze crimes détestables » dont chacun suffit à envoyer au bûcher.

Les sorciers ont généralement une tare physique et sont âgés. Dans son Discours des Sorciers (Paris, 1605), le juge Henri Boguet dit qu'on les reconnaît à la croix cassée qu'ils portent, à des marques dans les cheveux, à ce qu'ils se changent en loups et crachent par terre quand on les force à abjurer le Diable. Leurs épées n'ont ni garde ni fourreau. Les sorcières sont souvent représentées avec un chat noir, un crapaud, un hibou ou un chien jaune.

Pour véhicule aérien les sorcières ont un balai magique ou un bouc. Leur arsenal comprend notamment un chaudron, un fuseau, un grimoire , une peau de loup, des philtres. Elles s'adonnent au sabbat, font des envoûtements et des philtres, découpent des enfants en morceaux et les mangent à l'occasion. Pierre De Lancre distingue deux sortes de sorcières : celles qui s'adonnent à la fabrication des poisons et à l'emploi des venins et celles « qui ont fait renonciation expresse à Jésus-Christ et à la Foi et se sont données à Satan ».

Nicolas Remy (1530 - 1612) Juriste, Lieutenant général des Vosges (1570-), conseiller privé de Charles III, duc de Lorraine (1575-), procureur général du Duché (1591-).
Il se rendit célèbre pour son activité contre la sorcellerie. Nicolas Remy a laissé une chronique en langue latine "La démonolâtrie" en 1595 dont la tradution est parue aux Presses universitaires de Nancy. Nicolas Rémy y livre un témoignage d'une rare férocité sur la "chasse aux sorcières" qu'il a menée à travers la campagne lorraine du XVIe siècle.

❖ Bibliographie

Bibliothèque virtuelle
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