SYLLA

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Lucius Cornelius Sulla ou Sylla dictateur romain, né l'an -138, mort en 78 av, J.-C. Issu d'une branche de la famille Cornelia, il se distingua en Afrique sous Marius contre Jugurtha. Dès lors, exista entre lui et Marius une rivalité que l'expédition brillante de Sylla en Asie comme préteur ne fit qu'augmenter. La Guerre Sociale lui fut une nouvelle occasion de montrer ses talents militaires. De retour à Rome (-88), il fut nommé consul. Eloquent et habile, ambitieux et avide de plaisirs, il ne visa que le succès et le pouvoir, et comme instrument prit le vieux parti aristocratique, tandis que Marius était à la tête des revendications bourgeoises et plébéiennes. La lutte entre les deux rivaux éclata à propos de l'expédition contre Mithridate. Marius l'emporta dans les comices, mais Sylla marcha sur Rome, et, tandis que Marius et son fils erraient en proscrits, il soumettait la Grèce (-86), traitait avec Mithridate, et abandonnait à ses troupes le pillage de l'Asie, tout en accablant d'impôts les provinces. Cependant, Marius avait relevé son parti, avait décimé ses adversaires, s'était fait proclamer consul pour la septième fois. Mais, dix-sept jours après ce dernier succès, il mourut, laissant à la tête de son parti son fils, Cinna, et Sertorius. Une guerre violente éclata entre Sylla et les partisans de Marius. Il les vainquit à Canusium (-83), puis à Sacriport (-82), assiégea le jeune Marius dans Préneste, le contraignit de se tuer, et fit à Rome une entrée triomphale. Sous prétexte de faire régner l'ordre, Sylla s'abandonna à ses pires instincts de cruauté. Des populations entières furent massacrées, et, à Rome, des listes de proscription désignèrent chaque jour de nouvelles victimes.

Cependant, Sylla se fit nommer dictateur perpétuel, distribua des terres à ses soldats, se fit une garde dévouée : les cornéliens. Alors sa politique se dessina. C'était la réaction la plus marquée, mais la plus systématiquement dirigée. Le consulat perdit de sa puissance. Pour que la nouvelle Constitution fonctionnât, il n'y avait plus qu'un obstacle à supprimer, et c'était Sylla lui-même. Cet homme singulier, avec une tranquille audace, descendit du pouvoir et rentra dans la vie privée, où nul n'osa même l'insulter.


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