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SCULPTURES (2/2) |
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Les représentations plastiques d'animaux ne le cèdent en rien aux images humaines d'un réalisme saisissant. Les sculptures proprement dites sont rares, mais les objets usuels en os sont ornés d'images sculptées sur le manche d'un poignard, un bouquetin, en haut- relief, se détache, tel que le chasseur a pu souvent l'apercevoir en arrêt sur le bord d'une paroi rocheuse. L'extrémité recourbée du manche d'un propulseur de javelot prend la forme d'une tête d'animal. A l'encontre de mainte production moderne, l'exécution artistique ne porte jamais préjudice à la fonction de ces objets, qui peuvent être classés sous la rubrique de l'artisanat. Une vue d'ensemble de cet art permet de conclure que l'ornementation des objets destinés à un usage quelconque n'a pas pour seule raison d'être le plaisir d'embellir, mais sert également à des fins magiques. Un petit groupe de bas-reliefs provenant du paléolithique récent appuie cette remarque: la tête d'un cheval sauvage au relief peu accusé, minutieusement travaillé, trouvée en France et dont il ne reste malheureusement que des fragments. Des fouilles pratiquées dans une grotte de la vallée de la Lone, dans le Jura souabe, ont permis de découvrir six images en relief, restées intactes, d'animaux de l'âge glaciaire, dont toujours trois proviennent de deux stratifications différentes. Conçues dans un esprit distinct, elles se ressemblent par la netteté dans la caractérisation des traits saillants du mammouth, du cheval et du chat sauvage. On trouve également des œuvres impressionnantes de grand format exécutées en pierre et en argile. ![]() La Vénus de Laussel Cette sculpture, qui conserve des traces d'ocre rouge, mesure 40 cm de haut. Elle est représentée de face, la main gauche sur le ventre, l'autre tenant une corne de bison à la hauteur de la tête, tandis que ce qui paraît être la chevelure tombe sur l'épaule gauche. Le visage est tourné vers la corne (mais certains dont l'inventeur y voient l'inverse). L'adiposité des fesses et des hanches est bien nette et rappelle celle des statuettes. Par contre, une frise d'animax découverte ail Roc (lieu qui servait sans doute à la fois de sanctuaire et d'atelier) compte parmi les meilleures représentations animalières de l'âge paléolithique. Le plus remarquable sans aucun doute est le groupe en argile d'un bison mâle et d'un bison femelle, découvert dans la grotte de Tuc d'Audoubert, dans le Midi de la France, et préservé de la destruction par une colonne de stalagmites. Les deux animaux sont représentés au moment de l'accouplement. Des empreintes de talons humains sur le sol argileux de la grotte témoignent que les hommes de l'âge glaciaire célébraient un culte totémique en cet endroit de la montagne. ![]() Les bisons de la grotte des Trois-frères Dans une attitude de contrainte, devant l'image des animaux, ils exécutaient sur les talons la danse sacrée du bison, comme le font les Indiens d'Amérique du Nord dans des circonstances semblables. La grotte de Montespan, dans les Pyrénées, renferme également une sculpture en argile représentant un ours brun, dont le corps n'est pas véritablement sculpté (il était peut-être seulement recouvert d'une peau d'ours, et la tête était celle d'un ours véritable). Cette sculpture porte d'innombrables dégradations produites par des estocades. Manifestement, la bête que l'on voulait abattre était tuée en effigie. Si le groupe de bisons de Tuc d'Audoubert était destiné aux cérémonies magiques de la fécondité, l'ours de Montespan était voué à une magie destructrice. |
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