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ORESTIE. |
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Cet ouvrage est l'unique trilogie qui nous soit intégralement parvenue d'Eschyle (525 ?-456 av. J.-C.) et de tout le théâtre grec. Composée d'Agamemnon, des Choéphores et des Euménides, elle fut représentée au printemps de 458, deux ans avant la mort du poète. C'est la tragédie la plus achevée d'Eschyle, tant pour le mouvement dramatique que pour la profondeur de l'inspiration. |
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| Le nom d’Oreste sert de transition avec la tragédie qui suit : les Choéphores. Sept années environ se sont écoulées : le temps qu'il faut pour permettre à Oreste, né peu avant le départ d'Agamemnon pour Troie et éloigné d'Argos peu avant le meurtre, d'atteindre ses dix-huit ans et de faire valoir ses droits au trône. Auparavant, Oreste s'est rendu à Delphes et a reçu d'Apollon l'ordre de venger la mort de son père. Maintenant, il arrive à Argos accompagné de Pylade. Tandis qu'il est allé se recueillir sur la tombe de son père, voici que s'avancent des porteuses d'offrandes funèbres (les Choéphores), conduites par une jeune tille qu'Oreste reconnaît : c'est Électre, sa soeur. Au cours de la nuit, Clytemnestre a eu un songe effrayant. Elle ne sait encore ce qu'il signifie, mais devine qu'il lui faut apaiser l'âme du mort. La ligne du drame, très simple, est dès lors dessinée. Ce sont comme deux chemins qui se rejoignent à la sépulture d'Agamemnon, pour complaire au désir des dieux. Sur cette tombe, Electre, voyant une touffe de cheveux, croit y reconnaître ceux de son frère. Oreste, alors, s'avance, et dévoile à sa soeur qui il est et pourquoi il est ici. Désormais, leurs volontés seront tendues vers un même but : la vengeance. De même qu'Agamemnon est un chant de mort préludant au péan de victoire, les Choéphores sont un péan qui aboutit à l'hymne funèbre du roi assassiné. Par l'intermédiaire d'Hermès, Oreste invoque les mânes de son père ; l'action se précipite. Oreste se fait passer pour un pèlerin venu annoncer à Clytemnestre la mort d'Oreste. Mais le temps passe et il faut que s'accomplisse la prédiction d'Hermès : « Qu'un coup meurtrier soit puni d'un coup meurtrier. » Oreste entre alors dans la maison et, sans plus tarder, tue Égisthe. Clytemnestre accourt, demandant qui a crié « Je dis, lui répond un serviteur, que les morts frappent le vivant Oreste se trouve alors face à face avec sa mère, et celle-ci comprend enfin que le serpent qu'elle a vu en songe, et qui suçait son sang, c'était Oreste... Oreste tue sa mère ; mais soudain, devenu fou, il est poursuivi par les Erynnies. |
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Ici commence le troisième drame (Les Euménides). Nous sommes à Delphes, dans le sanctuaire d'Apollon où Oreste s'est réfugié. Tout alentour, les Erynnies sommeillent ; Apollon est là, qui exhorte Oreste à se rendre à Athènes: à Athènes. des juges équitables pourront le délivrer de son tourment. Guidé par Apollon, Oreste se met en route ; mais les Erynnies le poursuivent toujours, excitées par l'ombre de Clytemnestre. Le voici, maintenant, sur l'Acropole, devant le temple d'Athéna. La déesse choisit elle-même les magistrats, qui composeront l'Aréopage. Ceux-ci rendent le jugement suivant : « Oreste, il est vrai, a tué sa mère ; mais sa mère a tué le père : les deux crimes se valent Les voix se répartissent d'une manière égale, et Oreste est acquitté. Cependant, les Erynnies, furieuses, menacent de se venger sur le peuple athénien. Athéna réussit à les apaiser : elle les persuade de devenir bienfaisantes (« Euménides '') et leur promet qu'un temple sera élevé en leur honneur. A la lumière des flambeaux, un cortège solennel se forme et les Euménides prient les dieux d'accorder aux Athéniens paix et bonheur. Ce dernier drame est une exaltation de l'Aréopage, le grand tribunal d'Athènes. Le sang appelle le sang et les crimes sont vengés par de nouveaux crimes, la chaîne des fautes ne se brise pas et la loi du talion ne cesse de détruire les familles et de vider la cité : il convient donc de confier à l'État le droit de juger et de punir ; il reste à souhaiter que les arrêts du tribunal seront acceptés par tous avec ce respect dont Socrate, par sa mort, donna l'exemple. – T.F. Belles-Lettres, 1949. |
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