CEYX et ALCYONE (1/3).

Céyx et Alcyone avaient l'un pour l'autre un tendre attachement et s'ils venaient à se séparer, c'était toujours à regret. Un jour vint, cependant, où Céyx décida de quitter Alcyoné pour un long voyage à travers les mers. Plusieurs affaires lui causaient du souci et il voulait consulter l'oracle, refuge des hommes en peine. Quand Alcyoné apprit son projet, elle fut accablée de chagrin et de crainte.

Le visage baigné de pleurs et la voix brisée par les sanglots, elle lui dit qu'elle connaissait mieux que personne le pouvoir des vents sur la mer. Dès son enfance, du palais de son père, elle avait observé leurs rencontres orageuses, les nuages sombres auxquels ils faisaient appel et les grands éclairs rouges. « Et bien souvent, sur la grève, j'ai vu les planches brisées des vaisseaux naufragés », lui dit-elle. « Oh, ne pars pas. Mais si je ne peux te persuader, du moins, emmène-moi avec toi. Je peux tout supporter du sort si nous sommes ensemble. » Céyx fut profondément ému, car, son amour égalait celui d'Alcyoné, mais sa décision était prise.

Il sentait qu'il lui fallait le conseil de l'oracle et il ne voulait à aucun prix que sa femme partageât avec lui les périls du voyage. Elle dut céder, et il partit seul. Elle resta sur la grève jusqu'à ce que le navire disparût à l'horizon.

Alcyoné et Céyx
Alcyoné et Céyx

Cette même nuit, une violente tempête se leva. Les vents se réunirent tous dans un fol ouragan et les vagues s'élevèrent comme des montagnes. La pluie tombait en nappes au point qu'on eût dit que tout le ciel se précipitait dans la mer tandis que la mer semblait bondir jusqu'aux nuages.

Sur le vaisseau qui craquait de partout et se délabrait, les hommes étaient fous de terreur, tous, sauf l'un d'eux, qui ne pensait qu'à Alcyoné et se réjouissait de la savoir en sécurité. Son nom était sur ses lèvres quand le bateau sombra et que les eaux se refermèrent sur lui.

 

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