En général, les Grecs, et peut-être plus les Athéniens, étaient particulièrement religieux et la religion a tenu une grande place dans leur vie. La religion grecque reposait sur des rites, et non sur des textes sacrés ou des dogmes. Elle était faite pour offrir un certain nombre de réponses à des questions existentielles, métaphysiques ou morales courantes. Si la religion grecque présente une certaine unité, elle se manifeste cependant sous des formes diverses et souvent opposées du fait que nul dogme ne la structurait et que nul clergé n'en préservait l'intégrité.
La religion grecque était anthropomorphique. Les divinités étaient conçues sous la forme d'êtres humains différents de l'homme et supérieurs à lui par leur puissance, non soumis sans doute à la plupart des faiblesses physiques de la nature humaine, mais qui en possédaient néanmoins, à un degré supérieur, les qualités, les défauts, les passions. Dieux et déesses existaient, pour les Grecs des temps historiques, en dehors, au-dessus des phénomènes physiques qu'ils personnifiaient, des idées morales, sociales, politiques qu'ils représentaient. Leur puissance s'exerçait aussi bien dans le monde physique que dans le domaine des idées morales, sociales et politiques. De très nombreuses divinités grecques passaient pour présider aux principaux éléments et aux grands phénomènes de la nature : Zeus régnait sur l'atmosphère et lançait la foudre; Poseidon commandait aux flots, qu'il pouvait apaiser ou soulever à sa guise; Demèter personnifiait la terre féconde, productrice des moissons; Héphaïstos dirigeait la force, à la fois créatrice et destructrice, du feu terrestre. De même dans le monde intellectuel et moral : la pensée, l'inspiration poétique et artistique, la justice, le courage, les vertus, les passions, le bonheur et le malheur étaient considérés par les Grecs comme donnés ou refusés aux hommes par les divinités. |