OENONE.








Fille du dieu-fleuve Cébren, Oenone, (Oinwnh) , était une Nymphe du mont Ida, près de Troie, en Phrygie. Comme toutes les nymphes elle était fort belle mais de plus elle avait des dons appréciables.
Rhéa lui avait conféré le don de prophétie et Apollon qui l'avait courtisée sans succès, lui avait appris l'art de soigner avec des simples
Pâris et Oenone
Pâris et Oenone d'après Jacob de Wit

Alexandre (Pâris) qui avait été exposé sur le mont Ida lors de sa naissance était devenu un beau jeune homme; il gardait le troupeau de moutons de son père adoptif, le berger Agélaos, et le défendait contre les voleurs et les bêtes sauvages et c'est à cette époque qu'il fut surnommé "Alexandre" (protecteur des hommes).
Lorsqu'il vit la jolie nymphe il en tomba follement amoureux.

N'écoutant que la folle ardeur de sa jeunesse il enleva Oenone à son père l’emmena sur l’Ida où se trouvaient ses étables, et la prit pour épouse. Il se montrait très affectueux à son égard, et lui jurait que jamais il ne la laisserait, et qu’il l’honorerait toujours plus.

Alors elle lui expliquait que même s'il l'aimait très fort actuellement, viendrait le jour où il l'abandonnerait pour s'enfuir avec une étrangère qui serait la cause d'une effroyable guerre pendant laquelle il serait gravement blessé.
Personne d’autre à part elle-même ne serait capable de le guérir.
Mais il ne l'écoutait pas et préférait lui clore la bouche d'un baiser.
Le temps passa.
Lors de sa participation aux jeux funestes, Pâris fut reconnu par sa famille et à partir de là les prédictions d'Oenone se réalisèrent.
Il tomba amoureux Hélène qu'il enleva et l'épousa puis il dut participer à la guerre de Troie.
D'autres auteurs donnent Corythos comme le fils de Pâris et d'Hélène.

Oenone et Pâris
Pâris suppliant Oenone de le guérir d'après Henri Justice Ford

Oenone pleine de rancoeur retourna chez son père pour élever le fils qu'elle avait eu d' Alexandre selon Céphalon de Gergitha :
« De l’union d’Oenone et d’Alexandre naquit un fils, Corythos. Ce dernier, devenu l’allié des Troyens, tomba amoureux d’Hélène ; elle le traitait avec beaucoup d’amour, parce qu’il était vraiment très beau. Son père, l’ayant découvert, le tua. »

Puis Pâris fut blessé, exactement comme l'avait prévu Oenone, par une flèche d'Héraclès que lui décocha Philoctète, Il fut amené devant Podalirios qui se déclara incapable de soigner la blessure empoisonnée.
Alors il se souvint des paroles de sa première épouse: "tu seras blessé et je serai la seule à pouvoir te guérir."
Selon les auteurs il alla la voir sur le Mont Ida ou lui dépêcha un messager pour lui demander d'oublier le passé car il se considérait lui-même comme la victime des dieux et de le soigner.
Mais dans tous les cas la Nymphe refusa de le soigner et lui fit répondre qu'il n'avait qu'à s'adresser à Hélène.
Puis, prise de remords tardifs, elle partit pour Troie avec tous ses remèdes mais arriva trop tard pour le sauver.

De désespoir elle se suicida. Ici aussi sa fin est différente selon les auteurs.
Pour Apollodore, elle se pendit en voyant le corps sans vie de son époux.
Pour Quintus de Smyrne elle se fit brûler sur le bûcher de son époux, allumé par les bergers pour honorer leur ami et leur roi.

«Enfin elle arriva à travers la montagne à l'endroit où les Nymphes pleuraient autour du cadavre d'Alexandre. Déjà les flammes impétueuses du bûcher l'entouraient ; car les bergers rassemblés de tous côtés dans la montagne avaient amassé une grande quantité d'arbres, afin de rendre les derniers devoirs à leur compagnon et à leur prince ; et ils pleuraient amèrement alentour. En voyant le cadavre, elle ne pleura pas, quoique affligée ; mais cachant, sous ses voiles, son visage si beau, elle s'élança dans le bûcher, et, au milieu des cris de tous les bergers, elle se brûla près de son époux. »

Filiation
? Cébren
OENONE
Epoux Enfants
Pâris Corythos
 
sources annexe
  Apollodore, Bibliothèque: III,12,6;
  Ovide, Héroïdes: V,3
  Parthenios de Nicée, Romances: 34
  Quintus de Smyrne, La chute de Troie: X,284 ; X, 308 et X, 458
  Strabon, Géographie: XIII,1,33
 
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