| SORCELLERIE. |
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Déviation populaire de la magie, en opposition formelle avec la religion. Par le manque d'entregent de ses adeptes, par ses « petites recettes » et ses cruautés, elle s'oppose à la magie, connaissance mieux organisée, plus valable et officialisée. L'Eglise confondit sciemment les deux états dans une condamnation commune. LEGENDES. mythologica.frLa sorcellerie, que Jules Michelet et Jean Palou disent née de la misère, fut d'abord une révolte larvée contre la religion triomphante. Le paganisme moribond se perpétua en elle : parodier le christianisme fut la revanche des dieux païens détrônés. Mais la parodie fut médiocre, eu égard à ses exécutants. Ensuite la sorcellerie parodia l'ordre établi, prenant le contre-pied d'une civilisation dont les bienfaits éventuels lui échappaient entièrement. MOYENE AGE . mythologica.frAu Ve siècle, les envahisseurs Francs répriment la sorcellerie par la Loi salique. Le Code des Wisigoths, en Espagne, punit du fouet et de l'esclavage « les maléfiques et les lanceurs de tempêtes ainsi que ceux qui invoquent les démons et troublent les esprits des hommes ». L'Eglise (Conciles de Tours, en 567, et de Berghampstead, en 697) assimile paganisme et sorcellerie, mais ne sévit encore que modérément. Bref l'époque mérovingienne, fertile en prodiges, en apparition: surnaturelles, en miracles complaisamment gonflés par les chroniqueurs, ne témoigne pas vis-à-vis de la sorcellerie de l'intransigeance des Carolingiens. Cependant la lecture de Capitulaires de Charlemagne montre que, si l'on interdit la consultation des sorciers, or minimise l'importance de ceux ci en les réduisant au rang d'idiots de village. Pourtant l'Eglise ne sous-estime pas leur influence et, dès 829, le Concile de Paris réclame l'aide de Louis le Débonnaire pour châtier les sorciers. XVIIe SIECLE . mythologica.frLe XVIIe siècle, « âge de raison », ne ramène guère le calme. Le Diable envahit les couvents : affaire Gaufridi en 1609 ; affaire de Loudun dont la victime fut Urbain Grandier, en 1634 ; possessions de Louviers, 1634-1643 ; excès d'Elisabeth de Ranfain, à Nancy. La sorcellerie profane, si l'on ose dire, n'est pas en reste. Citons l'affaire de Méautis en Normandie (1661-1672) ; les envoûtements du berger Hocque (1687-1691) et surtout l'Affaire des Poisons qui, dans toutes les acceptions... empoisonna la cour du Roi Soleil. L'Amérique connut aussi des exécutions, en 1645 et en 1692, avec le procès des sorcières de Salem " qui, chose nouvelle, fit intervenir des spectres. XVIIIe SIECLE . mythologica.frAu XVIIIe siècle, si les « possessions » continuent, la sorcellerie devient un passe-temps pour quelques grands seigneurs (ducs d'Olonne et de Richelieu, marquises de l'Hospital et de Pompadour, etc.). La Révolution cesse de poursuivre les gens pour sorcellerie : le sorcier perd son prestige occulte, il n'est plus qu'un escroc, dans le Code civil. Lorsqu'au XIXe siècle, l'Eglise procède avec plus de circonspection que l'Inquisition, le sorcier perd son auréole de martyr, et le Diable en est réduit à se manifester dans les maisons hantées. Nos campagnes n'en ont pas, pour autant, perdu leurs sorciers. Certaines pratiques d'envoûtement subsistent. Comme la croyance au mauvais œil, aux charges, aux clous et au nouement de l'aiguillette (voir ces mots). Mais les « vrais » sorciers sont devenus rares et leurs pouvoirs se sont bien amenuisés. « Le Diable ne fait plus recette », écrivait Pierre Mac Orlan, un peu vite peut-être... BIBLIOGRAPHIE. mythologica.fr
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