| INCUBES. |
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Les incubes sont des anges déchus par la luxure, devenus démons et cherchant à jouir des femmes quand elles rêvent ou somnolent. Le contraire de l'incube (incubus) est le succube (succubus), démon femelle qui s'efforce, par tous les moyens d'enlever leur semence aux hommes. Le succube ayant acquis la semence n'hésite pas à se transformer en incube pour la porter aux femmes et, de la sorte, enfanter quelque monstre infernal. Issu de la mythologie hébraïque, l'incube, selon la Genèse (VI, 1-4) est en effet fort capable d'engendrer. Le passage en question prétend que les anges maudits « virent que les filles des hommes étaient belles et ils en prirent pour femmes parmi toutes celles qui leur plurent». St Augustin (De Civitate Dei, XV, 23) fait de l'incube un article de foi, en se référant à l'avis du plus grand nombre: «Les faits de démons incubes ou succubes sont si multipliés qu'on ne saurait les nier sans impudence: l'autorité de tant de personnages graves, les récits de faits indiscutables, tant chez les peuples civilisés que chez les peuples barbares, les aveux enfin de plusieurs milliers de personnes doivent être pris en considération ». La Summa et le De Trinitate de St Thomas d'Aquin, qui lui emboîtent le pas, affirment l'existence des incubes, tout comme l'ensemble des théologiens et des démonologues. L'incube est capable de revêtir les formes les plus variées pour parvenir à ses fins. Madeleine de la Croix, l'abbesse de Cordoue, eut pour amant un incube faunesque aux pieds de bouc; d'autres furent possédées charnellement par de beaux jeunes gens, de petits gnomes familiers, des cadavres momentanément animés par le Démon, voire des vapeurs d'air condensées. Les histoires d'incubes sont innombrables, d'autant qu'ils préféraient s'en prendre aux nonnes et aux femmes mariées qui, chacun le sait, sont incapables de garder un secret. L'audace de ces démons ne connaissait pas de bornes: ils se déguisaient fréquemment en confesseurs et se glissaient jusque entre les draps du lit conjugal. Elle alla trouver les prêtres et avoua son opprobre. Puis elle fit des pèlerinages et implorales saints. Mais confessions, pèlerinages, prières n'obtinrent aucun résultat. Le démon revenait chaque jour et était de plus en plus libertin. Le crime finit par être connu et le mari entra en fureur... » St Bernard, de passage dans la ville, confia à la malheureuse son bâton de pèlerin, qui eut le don d'éloigner l'incube. « Quand le dimanche fut arrivé, le Saint monta en chaire et, avant de prêcher il prescrivit à tous les assistants de tenir dans leurs mains des chandelles allumées. Puis il rapporta les forfaits inouïs du Diable; il jeta l'anathème à l'esprit lascif qui s'était livré à d'affreuses saletés contraires à la nature; toute l'assistance adhéra à cet anathème; enfin il lui enjoignit par l'autorité du Christ de n'approcher ni de cette femme ni d'aucune autre. Dès que les chandelles sacramentelles furent éteintes, la puissance du Diable fut complètement anéantie. La femme se confessa, puis communia, l'ennemi ne reparut jamais, mais il s'éloigna pour toujours.» (S. Bernardi Vila, Il, 34). SOURCES. mythologica.fr
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